FRFAM.COM >> Science >> Santé

Feux d'artifice et SSPT : conseils d'experts pour vous et vos proches afin de profiter sereinement des fêtes

Les feux d'artifice sont indissociables du Jour de l'Indépendance pour beaucoup : ces spectacles pyrotechniques illuminent le 4 juillet et les jours avoisinants à travers le pays, constituant souvent l'un des temps forts des célébrations. Pourtant, ils peuvent s'avérer particulièrement éprouvants pour les personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique (SSPT).

Les bruits assourdissants, les éclairs intenses et l'odeur âcre de la poudre accompagnant les feux d'artifice déclenchent souvent des réactions chez les vétérans militaires, les réfugiés de guerre, les participants à des manifestations violentes ou les survivants de catastrophes naturelles, entre autres. Ces explosions aériennes peuvent provoquer une réponse physiologique intense, allant d'une anxiété accrue à une dissociation totale ou des hallucinations.

Cela ne signifie pas pour autant que les personnes atteintes de SSPT doivent renoncer à profiter de la saison des feux d'artifice. Éviter totalement ces spectacles omniprésents n'est pas viable à long terme. Des mesures préventives simples, adoptées par soi-même et par l'entourage, peuvent transformer ce long week-end en moment agréable.

Que faire si vous souffrez de SSPT

Selon Rani Hoff, professeure de psychiatrie à la Yale School of Medicine et collaboratrice du Bureau de la santé mentale et de la prévention du suicide du Département américain des anciens combattants, plusieurs stratégies éprouvées existent si les feux d'artifice aggravent votre SSPT.

Hoff recommande vivement de consulter le site du National Center for PTSD, qui propose des ressources accessibles au public, dont des questionnaires de dépistage à partager avec votre médecin en cas de suspicion de SSPT non diagnostiqué.

Préparez-vous

Avant la saison des feux d'artifice, si vous suivez une thérapie, parlez-en à votre médecin ou thérapeute. Ces professionnels sont formés pour vous accompagner. Respectez scrupuleusement vos prescriptions médicamenteuses : ni moins, ni plus, pour anticiper un déclencheur, conseille Hoff.

Détendez-vous

Abordez la période avec sérénité. Intégrez vos pratiques habituelles comme le yoga, le tai-chi, la méditation, la course ou l'entraînement pour évacuer le stress.

Pratiquez la respiration profonde : « Cinq respirations lentes et profondes font des merveilles pour vous apaiser, sans besoin d'outils sophistiqués », explique Hoff. L'exercice d'ancrage 5-4-3-2-1 est aussi efficace : nommez mentalement cinq choses que vous voyez, quatre que vous entendez, trois que vous touchez, deux que vous sentez et une pensée positive.

Soyez réaliste

« Connaissez vos limites et adaptez-vous », insiste Hoff. Certains préfèrent rester chez eux, d'autres rejoignent les amis mais s'éloignent tôt. Définissez votre plan d'exposition et tenez-y vous.

Atténuez vos déclencheurs

Optez pour un point d'observation distant pour réduire l'intensité sonore et visuelle. Fermez fenêtres et portes, portez des bouchons d'oreilles ou casques antibruit pour minimiser les stimuli.

Adoptez des mécanismes d'adaptation sains

Évitez l'alcool ou substances psychoactives, néfastes à long terme. Privilégiez des activités positives : écriture, journal intime, peinture, modélisme, cuisine, musique, jardinage ou danse, suggère Eugenia Weiss, travailleuse sociale, psychologue et professeure à l'Université de Californie du Sud.

Un appel à un proche soutient émotionnellement. Listez amis et famille disponibles. Ou relaxez avec votre animal de compagnie dans un espace sûr : calmer votre chien peut distraire de votre anxiété, note Hoff.

Préparez une stratégie de sortie

Planifiez votre retrait et informez un accompagnateur. « Si la limite est atteinte, rentrez, prenez un taxi ou récupérez les autres plus tard si vous êtes sobre », conseille Hoff. Anticipez pour éviter la panique.

Que faire si un proche souffre de SSPT

Pour soutenir un proche sensible aux feux d'artifice, soyez présent sans imposer, recommande Tim Black, professeur agrégé de psychologie à l'Université de Victoria, expert en traumatismes militaires et civils.

« Pas de solutions miracles : les symptômes sont complexes et imprévisibles », avertit Black. Écoutez sans juger, respectez ses choix sur sa participation et laissez-le guider.

Planifiez en conséquence

Demandez discrètement aux voisins leurs intentions pyrotechniques pour anticiper.

Restez vigilant

Surveillez les signes d'anxiété et proposez un départ si besoin, sans alarmer inutilement.

Soyez flexible

Ne présumez rien : les envies changent. L'adaptabilité est clé.

Ne minimisez pas

Évitez phrases invalidantes comme « Ce ne sont que des feux d'artifice » ou blagues. Hoff insiste : ce n'est pas drôle.

Relativisez

« Imaginez une migraine : comment réagiriez-vous ? » Cela humanise la situation.

Déléguez si nécessaire

Si vous êtes dépassé, passez la main à quelqu'un de mieux équipé, honnêtement.

Désignez un chauffeur sobre

La conduite peut être périlleuse en crise, surtout pour les vétérans exposés à des IED.

Prenez soin de vous

Soutenir un proche est épuisant : consultez amis, groupes de soutien ou professionnels.

En cas de crise ou idées suicidaires, appelez la Ligne nationale de prévention du suicide ou celle des vétérans au 1-800-273-8255 (téléphone, SMS, chat 24/7).

[]