Les animaux possèdent souvent une ouïe bien plus fine que celle des humains. Les détonations soudaines des feux d'artifice représentent une véritable torture pour les chiens, les chats et de nombreux autres espèces. « La plupart des études sur l'impact des feux d'artifice portent sur les chiens », explique Michel Vandenbosch, président et directeur politique de l'organisation de défense des droits des animaux Gaia. « Les chiens réagissent visiblement : gémissements, tremblements, salivation excessive ou incontinence. Ou de manière plus active en fuyant, aboyant, ou adoptant un comportement agressif ou destructeur. »
Les chats manifestent généralement des réactions passives de peur, comme se cacher ou s'enfuir, ce qui passe souvent inaperçu auprès de leurs propriétaires. « Bien que l'intensité de la peur semble moindre chez les chats, la durée des réactions de panique est similaire à celle des chiens. » De nombreuses recherches existent sur l'effet du bruit sur les oiseaux, mais peu spécifiques aux feux d'artifice. « Les oiseaux sont globalement moins sensibles au bruit que les humains », note Vandenbosch. « Surpris, ils s'envolent et se mettent à l'abri, parfois restant éloignés longtemps du site. Leur réaction aux feux d'artifice reste peu documentée, car observer leur comportement nocturne nécessite des équipements spéciaux comme des radars sensibles. »
Pour d'autres animaux, seules des anecdotes rapportent des cas graves, comme des chevaux victimes de crises cardiaques ou blessant autrui dans leur panique en traversant des barbelés.
Les études sur les chiens révèlent des chiffres alarmants : 40 à 50 % réagissent avec peur aux bruits forts (feux d'artifice, orages, coups de feu). Au moins un quart développent une phobie du bruit, dont 83 % liée aux feux d'artifice. Plus de 15 % mettent plusieurs jours à s'en remettre, et 3 % montrent des changements comportementaux pendant des semaines ou mois.

Même une simple aversion au bruit altère la qualité de vie et la relation avec le propriétaire. Une phobie peut entraîner des réactions disproportionnées à des sons similaires : viande qui grésille, porte qui claque ou bouchon de champagne qui saute.
La sensibilité varie selon les individus, la génétique (races de bergers plus vulnérables que les chiens de chasse), et des pathologies comme la démence.
Pour prévenir cela, habituez les chiots aux feux d'artifice dès leurs 3-4 premiers mois, pratiquez l'exercice régulier (augmente la sérotonine), ou recourez à la désensibilisation et au contre-conditionnement (associer bruit à un stimulus positif comme la nourriture). Des anxiolytiques ou phéromones existent, mais avec des effets secondaires possibles.
Vandenbosch plaide pour une interdiction générale des feux d'artifice (hors mesures sanitaires). En 2019, la Flandre avait prévu une interdiction structurelle, non appliquée. Il préconise des alternatives : spectacles de lumières silencieux, feux à faible bruit (max. 85 dB, comme un camion passant) ou hybrides. Les particuliers peuvent choisir ces options et respecter les règles d'usage, avec des amendes plus sévères.
Les feux d'artifice libèrent des particules fines, surtout en ville où la pollution s'accumule. Fin d'année, pics observés en Belgique et aux Pays-Bas. À Anvers (Park Spoor Noord depuis 2015), concentrations de 20-30 µg/m³ le soir du Nouvel An, doublant à 60 µg/m³ après, sous la norme OMS de 45 µg/m³ quotidienne, selon Frans Fierens de la Cellule interrégionale pour l'environnement.
Aux Pays-Bas, pics jusqu'à 1 000 µg/m³ en centres-villes ; interdiction 2020 a réduit cela.

Ces pics augmentent risques cardiovasculaires, réduisent fonction pulmonaire, aggravent asthme. Impact exact difficile à quantifier, car normes OMS sur moyennes quotidiennes, non pics courts. Exposition dépend de proximité ; feux pros plus massifs mais à distance.
Composition spécifique (sels métalliques pour couleurs) ; nocivité incertaine vs. pollution routière ou bois. Météo clé : vent dilue, nuit calme/inversion amplifie.
Feux d'artifice >150 dB (vs. 140 dB coup de feu). Au-delà de 120 dB, risque dommages auditifs immédiats, explique Marc Lammers, ORL à l'UZ Anvers : tympan rompu, osselets cassés (surdité de transmission réparable) ; ou cochlée atteinte (surdité neurosensorielle permanente, cellules ciliées mortes).
Sons étouffés, déformés, difficulté distinguer fréquences ; acouphènes possibles. Symptômes immédiats : bip, pression, douleur. Traiter vite (anti-inflammatoires, oxygénothérapie hyperbare) pour limiter inflammation secondaire.
« Se tenir très près d'une explosion de pétard peut déchirer le tympan. »
Pas de stats fiables en Belgique ; négligence courante pour pertes modérées (10-20 dB), mais cumulatives avec vieillissement. Conseils : feux légaux ≤120 dB, distance, protections auditives.
Enquête NOG (ophtalmologistes néerlandais) 2008-2009 : 16 yeux aveuglés en 8h de tolérance (2/heure), âge moyen 21 ans ; 1/3 séquelles permanentes, 3-4% énucléations.
Plaidoyer pour interdiction grand public ; Manifeste Fireworks : 670 000 signatures post-accident 2020. Interdiction COVID : blessés oculaires -75% (181 à 47). « Expérience naturelle irréfutable », dixit Tjeerd de Faber.

75% blessures yeux par feux légaux ; passants souvent victimes. En Belgique, Fondation Burns : 108 accidents 2018-19, 102 2019-20, 21 blessés malgré restrictions 2020.

« Les feux d'artifice sont l'une des plus belles choses que vos yeux puissent voir, mais ils ne devraient pas être les derniers. »
Alternative : spectacles pros à distance. Sécurité publique prime.