Le 26 novembre 2015, les Américains ont célébré Thanksgiving. Si cette fête est synonyme de rassemblement familial pour beaucoup, elle suscite des controverses profondes.

Thanksgiving commémore un repas partagé en 1621 à Plymouth, entre les Pèlerins arrivés à bord du Mayflower et les Amérindiens Wampanoag. Cette tradition d'action de grâces s'est perpétuée et étendue à tout le pays. Au XIXe siècle, durant la guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln en a fait un jour férié national en 1863, dans un esprit d'unité.
Cependant, cette narration idyllique est contestée par les peuples autochtones. Pour eux, Thanksgiving occulte les violences coloniales qui ont suivi ce premier repas. En protestation, des contre-célébrations émergent. Dans le Massachusetts, le "Day of Mourning" rassemble les militants sur Cole's Hill, face à Plymouth Rock. Lors de la première édition en 1970, ils l'ont peint en rouge pour symboliser le sang versé par les indigènes.
À San Francisco, l'"Unthanksgiving Day" se tient sur l'île d'Alcatraz, ancien pénitencier fédéral. Ce lieu revêt une importance symbolique depuis l'occupation de 1969 par le groupe Indians of All Tribes, qui invoquait le traité de Fort Laramie de 1868 accordant les terres fédérales abandonnées aux Amérindiens.
Le prochain numéro de notre magazine d'histoire Eos Memo, à paraître dans deux semaines, est entièrement consacré à cette fête.