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L'histoire du terrorisme : quelles leçons pour Paris et le monde d'aujourd'hui ?

L'horreur des attentats qui ont frappé Paris le week-end dernier est sans précédent par son ampleur. Pourtant, comme pour d'autres grandes villes du monde, le terrorisme n'est pas une nouveauté pour la capitale française.

Le terrorisme est-il un phénomène récent ?

La France, et Paris en particulier, a été visée à maintes reprises par des groupes recourant à la violence pour imposer leurs objectifs. Au XIXe siècle, des anarchistes ont fait exploser des bombes dans la capitale et réussi l'assassinat d'un président. À la fin des années 1880, les anarchistes ont éliminé plus de monarques et dirigeants politiques qu'à aucune autre époque. Au XXe siècle, des attaques au nom de l'extrême droite, de l'extrême gauche, du nationalisme ou de la religion ont frappé la France et d'autres pays occidentaux. Par exemple, dans les années 1980, la Belgique a été secouée par les attentats des tueurs du Brabant et des Cellules communistes combattantes.

L'EI possède-t-il une portée internationale exceptionnelle ?

Les réseaux comme Al-Qaïda et l'État islamique affichent une envergure internationale impressionnante, mais le terrorisme a toujours été transfrontalier. En 1894, l'anarchiste italien Sante Geronimo Caserio, inspiré par des terroristes russes, assassine le président français Sadi Carnot.

En 1937, la police française déjoue un complot pour renverser le régime : la Cagoule, groupe d'extrême droite, bénéficie du soutien financier et logistique du régime mussolinien. Elle élimine opposants, informateurs et antifascistes en France au nom de l'Italie.

Les terroristes venaient-ils déjà de l'étranger ?

À l'été 1905, Edward Joris d'Anvers cible le sultan ottoman à Constantinople : l'explosion tue 26 personnes, principalement cochers et soldats.

En 1934, des nationalistes croates assassinent le roi Alexandre de Yougoslavie à Marseille. En octobre 1978, des Palestiniens tirent sur un avion Paris-Israël. Dans les années 1990, le Groupe islamique armé (GIA) algérien mène des attaques en France métropolitaine et dans l'ex-colonie.

Dans les années 1950-1960, le Front de libération nationale (FLN) algérien frappe la France pour l'indépendance. En riposte, l'OAS (Organisation de l'armée secrète), fondée par des colons européens, tente d'assassiner le président Charles de Gaulle le 22 août 1962 pour freiner le processus.

Le terrorisme était-il déjà aussi aléatoire ?

Absolument. En février 1894, l'anarchiste Émile Henry lance une bombe dans le café bondé du Terminus à Paris. Bien que le FLN cible principalement policiers et militaires, il tue aussi de nombreux civils via des bombes dans des cafés parisiens.

Une attaque contre nos valeurs

Au lendemain de l'attentat contre le président américain William McKinley en 1901, Theodore Roosevelt qualifie les terroristes de « criminels contre l'humanité ». En 1937, une conférence internationale les décrit ainsi ; la France plaide pour une alliance mondiale contre le terrorisme, adoptée par 24 pays mais jamais appliquée.

La menace djihadiste actuelle est vue comme un assaut contre les valeurs fondamentales de nos sociétés, Paris en étant le symbole. L'appel à défendre ces valeurs résonne comme en 1936, quand la France combattait le fascisme montant au nom de « la paix, le pain et la liberté ».

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