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Opinion : L'avenir que nous voulons – La durabilité est-elle vraiment réalisable ? Par Gert Goeminne

À la veille de Rio+20, 20 ans après le premier sommet mondial du développement durable, Gert Goeminne s'interroge : dans quelle mesure la durabilité est-elle réalisable ?

Opinion : L avenir que nous voulons – La durabilité est-elle vraiment réalisable ? Par Gert Goeminne

Dans quelle mesure la durabilité est-elle faisable ? Une question cruciale à l'approche de Rio+20, 20 ans après le sommet fondateur de Rio de Janeiro, estime Gert Goeminne.

Il y a 20 ans, le 13 juin 1992, 179 dirigeants mondiaux adoptaient à Rio l'Agenda 21, un plan d'action de plus de 700 pages définissant les repères pour un avenir socialement juste, économiquement viable et écologiquement soutenable, à l'échelle mondiale, nationale et régionale.

À la veille de Rio+20 (20-22 juin), ce second sommet de suivi – après Johannesburg en 2002 – révèle un constat contradictoire : la société humaine ne se plie pas aux plans. Les progrès en durabilité concernent souvent des concepts acceptés socialement, mais la mondialisation néolibérale a, ces 20 dernières années, aggravé la pauvreté et les impacts environnementaux.

"L'avenir que nous voulons" cache un profond paradoxe.

Dans un contexte de crises multiples, le titre de la conférence Rio+20 – « L'avenir que nous voulons » – sonne paradoxal. Alors que l'impact écologique et social des activités humaines échappe à notre contrôle, nous prétendons le maîtriser par des actions planifiées. Le projet de texte de Rio+20, après 20 ans de léthargie, n'apporte rien de neuf : l'économie verte n'est qu'un habillage de la foi en la croissance économique, le progrès technologique et le marché libre, échos de l'Agenda 21.

Comment croire encore aux solutions technologiques, alors que les innovations majeures – comme la micropuce ou l'automobile – ont transformé le monde de manière imprévisible ? L'auto a redessiné nos villes, nos routines et nos impacts socio-écologiques. Et le marché, censé réguler, a alimenté avidité et concurrence, menant à l'effondrement économique imminent.

Placer l'avenir planétaire dans des plans d'action relève de l'orgueil. Rio+20 ne justifie pas l'optimisme : il faut plus, et surtout autre chose. Les grandes transitions sociales naissent du terreau quotidien, matériel et spirituel, comme l'ont montré l'auto et Internet. Les gens adopteront vélo ou train si cela améliore concrètement leur qualité de vie. À Copenhague, où le vélo modèle l'urbanisme, l'innovation infrastructurelle convainc par ses bénéfices tangibles.

Qualité de vie et « bien-vivre » : Rio+20 en traitera-t-il, ou resterons-nous prisonniers de la croissance « verte » ? Les protestations des ONG et mouvements citoyens contre l'économie verte laissent espérer une bataille décisive. « L'avenir que nous voulons » doit émerger de la lutte politique, non de plans mondiaux.

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