L'employé d'Eos, Senne Starckx, s'est rendu à Stockholm pour assister, pour la première fois dans l'histoire, à la remise du prix Nobel de physique à un Belge, François Englert. Ce qui devait être un voyage de presse inoubliable a toutefois connu quelques déconvenues.
Nous devions nous envoler pour Stockholm aux côtés du Premier ministre afin d'assister de près à la cérémonie. Malheureusement, celui-ci a délégué Philippe Courard, secrétaire d'État à la Politique scientifique. La retransmission s'est limitée à un écran dans une arrière-salle. Heureusement, la restauration à bord de l'avion était irréprochable.
Le Premier ministre Elio Di Rupo avait une excuse valable le 10 décembre 2013 : il participait à l'autre bout du monde au service commémoratif de Nelson Mandela. Deux mois plus tôt, il avait pourtant vivement félicité François Englert lors de la conférence de presse à l'ULB.
Mardi matin, je suis arrivé à l'aéroport militaire de Melsbroek dans une excellente humeur. Le personnel – des militaires en uniforme – nous a accueillis chaleureusement. L'Armée de l'air belge opérait un Embraer 135 bimoteur, confortable avec un espace jambes généreux.
La plupart des journalistes francophones ont vite accepté l'absence du Premier ministre, saluant Philippe Courard, figure clé du PS en matière scientifique. Seul Flamand à bord, je me suis installé à l'arrière, observant les échanges.
Voler avec la division civile de l'Armée de l'air est un plaisir : accueil militaire impeccable, brunch copieux au départ (dîner somptueux au retour), et stewards professionnels issus des miliciens.
À l'aéroport d'Arlanda, le froid, la pluie et le ciel gris ont marqué les premières déceptions. J'espérais un accès privilégié au Konserthuset, salle emblématique de la cérémonie à 16h.
La presse s'est divisée en deux minibus : l'un vers l'ambassade belge pour des entretiens, l'autre directement au Konserthuset pour la répétition. J'ai opté pour ce dernier.
Malheureusement, seuls les journalistes accrédités étaient admis. Ma carte de presse belge n'a pas suffi ; il fallait une accréditation préalable. Les collègues de RTL-TVI et BRF ont réalisé des directs extérieurs. Pour moi, une promenade sous la pluie, avant de rejoindre le Muséum Nobel pour une projection en direct.
La cérémonie, commentée en anglais, était rythmée : musiques classiques, laudations, discours du roi Carl XVI Gustaf. Ce dernier semblait parfois distrait, feuilletant son programme.
J'ai noté la hiérarchie des prix : physique en premier, puis chimie, médecine, littérature, économie (paix décerné à Oslo). François Englert, plus âgé que Peter Higgs, a reçu sa médaille en premier. Parmi les lauréats, la fille d'Alice Munro représentait sa mère malade.
À 17h45, retour à l'aéroport. Dans l'avion, attente d'une heure pour M. Courard, présent au Konserthuset. Le dîner à trois plats, vins inclus, a compensé les frustrations. À Melsbroek, dédouanement rapide. Grâce à l'Armée de l'air, une journée globalement réussie.
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