Ce week-end-là, il était possible de dormir une seconde supplémentaire. Une seconde intercalaire a été insérée le samedi 30 juin 2012 à minuit.

Pour les pressés, 2012 fut une année idéale : non seulement février comptait un jour de plus, mais le 30 juin dura une seconde supplémentaire. Profitez-en, car ce fut peut-être la dernière.
Cette 25e seconde intercalaire ajuste le cours du temps. Deux systèmes coexistent : l'un basé sur la rotation terrestre (Temps Universel UT1), l'autre sur des horloges atomiques ultra-précises (Temps Atomique International, TAI). Une journée atomique fait exactement 86 400 secondes, mais une journée terrestre est légèrement plus longue d'environ 2 millisecondes, avec des variations. Pour synchroniser ces échelles, des secondes intercalaires sont ajoutées occasionnellement, créant le Temps Universel Coordonné (UTC), norme mondiale.
UTC sous-tend les fuseaux horaires, l'aviation, la météo et le Network Time Protocol (NTP) d'Internet.
Abolir les secondes intercalaires ?
L'Union internationale des télécommunications (UIT-R), organe onusien, décide de leur insertion. Depuis une décennie, le débat sur leur suppression anime ses conférences. En 2012, une proposition d'abolition fut ajournée à 2015 faute de consensus. Les États-Unis y sont favorables, tandis que le Royaume-Uni, le Canada et la Chine défendent le statu quo. D'autres prônent des études approfondies.
Les opposants soulignent les complications techniques : coûts, risques d'erreurs pour les systèmes informatiques. Pourtant, déconnecter le temps de l'astronomie pose problème aux astronomes et soulève des questions philosophiques, notre mesure du temps étant historiquement liée aux astres. Sans ajustements, l'écart grandit lentement : 1,5 minute en un siècle, 15 minutes en mille ans.
Lire l'article complet ce mois-ci dans Eos.