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ITER : l'échec n'est plus une option pour ce projet phare de la fusion nucléaire

La construction du réacteur expérimental de fusion nucléaire ITER, situé dans le sud de la France, respecte toujours les délais malgré les défis budgétaires récents. Un effort soutenu sera toutefois essentiel dans les années à venir pour tenir l'échéance de 2020.

ITER : l échec n est plus une option pour ce projet phare de la fusion nucléaire

La construction d'ITER à Cadarache progresse dans les délais

Les experts de la fusion nucléaire se sont réunis cette semaine à Liège pour la 27e édition du symposium biennal SOFT (Symposium on Fusion Technology), un rendez-vous incontournable pour la communauté scientifique. L'ambiance était particulièrement positive, portée par les avancées du projet ITER, fleuron international de la fusion. Sur le site de Cadarache en Provence, les contours de cette réalisation technologique majeure se dessinent progressivement.

Des eaux troubles budgétaires
La première pierre des installations de support a été posée en février 2009. Peu après, la crise économique mondiale a mis le projet en difficulté. Fin 2010, un déficit budgétaire de 1,4 milliard d'euros pour 2012-2013 a été révélé, comblé par des contributions supplémentaires des États membres de l'UE, principal financeur à hauteur de 45 % du coût total. Ce manque de transparence sur les estimations initiales (10 milliards d'euros au départ, passés à 15 milliards d'ici 2013) a suscité des critiques et des appels à arrêter le projet.

Une solution rapide de la Commission européenne
La Commission a rapidement réalloué des fonds d'autres programmes, dont les subventions agricoles. Cependant, avec les « années de pointe » à venir et un milliard d'euros par an prévu jusqu'en 2016, de nouveaux imprévus budgétaires sont attendus. Historiquement, peu de mégaprojets technologiques respectent leur budget initial, et ITER devient de plus en plus irréversible avec 150 ouvriers sur site quotidiennement.

2020 et 2027 : des échéances cruciales

ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), le plus grand réacteur de fusion au monde, fusionnera deutérium et tritium pour produire de l'hélium, libérant une énergie massive surpassant la fission. Le défi : confiner un plasma à des millions de degrés dans une chambre magnétique toroïdale.

D'ici 2020, ITER produira de petites quantités de plasma pour des réactions de 100 millisecondes. D'ici 2027, une fusion DT complète durera plusieurs minutes.

Jalons clés
Le directeur général Osamu Motojima, lors de l'ouverture du SOFT à Liège, a salué 55 jalons atteints sur 600. Parmi eux : les 493 stabilisateurs sismiques, la modernisation routière pour transporter des pièces de 20x20 m depuis Marseille, et la sous-station électrique de 400 MW. ITER vise la maîtrise du plasma, non la production d'électricité.

« L'échec n'est pas une option »
Motojima insiste : respecter le calendrier est clé pour maîtriser les coûts. « L'échec d'ITER signifierait la fin de la fusion nucléaire. »

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