Les exosquelettes et robots portables promettent d'aider les personnes paralysées à remarcher, de soulager les travaux physiques éprouvants et d'accorder des capacités surhumaines aux individus lambda.
Les robots et les humains forment une équipe idéale. Ces mots du biomécanicien gantois Philippe Malcolm me reviennent en tête tandis que je teste son robot de cheville sur un tapis roulant. Baptisé WALL-X, cet appareil s'adapte parfaitement à mes mollets, épousant les mouvements naturels des tendons, muscles et ligaments. Activé, il accélère mon pas. Je me sens invincible, prêt à courir un marathon sur-le-champ.
L'exosquelette permet de marcher plus vite ou avec plus de charge sur le dos.
Pas de science-fiction ici malgré les câbles et tubes : le "faux muscle" est un pneu de vélo gonflé à l'air comprimé dans un manchon de câble, qui se contracte comme un muscle réel. Naturel et fluide, il propulse mon pied sans rigidité robotique. Après un bref temps d'adaptation, l'assistance synchronise parfaitement avec mon allure, comme un boost musculaire.
Robots de cheville, exosquelettes partiels ou complets : ils boostent sauveteurs, soldats, aventuriers, allègent les tâches harassantes et restaurent la mobilité chez les affaiblis ou paralysés. Ce rêve date de 1890, avec le brevet russe de Nicholas Yagn : un appareil à ressorts élastiques reliant épaules et chevilles pour dynamiser marche, course et saut.

Dans les années 1960, General Electric dévoile Hardiman, premier exosquelette motorisé. Destiné à soulever 680 kg comme une tasse de café, il n'atteint que la moitié, pèse le double et reste instable. Résultat : aucun usage pratique.

Audi teste aujourd'hui la "Chairless Chair", qui permet aux ouvriers de "s'asseoir" en position debout, améliorant posture et soulageant articulations. Le HAL japonais aide les infirmières à déplacer patients lourds ; LOPES II (Université de Twente) assiste kinésithérapeutes en rééducation neurologique.
Ces avancées prouvent l'arrivée des exosquelettes. Pourquoi tant de délais ? "Hardiman était massif et imprécis", explique Philippe Malcolm. Progrès en miniaturisation, batteries, matériaux légers et interaction homme-machine étaient essentiels, intégrant physiologie et analyse du mouvement pour une assistance "naturelle".
En 2013, le robot cheville de Gand révolutionne : premier à réduire le coût métabolique de la marche (-6 % d'effort). Walker marche 6 % plus loin, 0,2 km/h plus vite ou avec 20 % de charge supplémentaire. Gains potentiels jusqu'à 25 % avec genoux/hanches.
Actuellement lié à un compresseur, il évolue pour personnes âgées : tests avec septuagénaires montrent enthousiasme et mobilité accrue, comme un vélo électrique pour jambes.
Recycler l'énergie de freinage évite les batteries.

MIT (2014) lance le premier portable autonome ; TU Delft/Twente développent Symbitron pour paralysies. À Harvard (Wyss Institute, financé DARPA 2,9 M$), Malcolm conçoit une exosuit souple en textiles Bowden, discrète sous vêtements.
Les batteries restent un défi. Solutions : recycler énergie de freinage musculaire, comme freinage régénératif auto. Un exosquelette élastique (NC State/Carnegie Mellon, Nature 2023) gagne 7 % sans moteur, via ressort libérant énergie stockée.

Affordabilité clé : REX coûte >100 000 €. Solutions minimalistes (MIRAD VUB) ou basiques (debout/marche) en vue.
Exosquelettes complets comme ReWalk (Claire Lomas, marathon Londres 2012) ou Ekso (Marc Herremans) aident paralysés, mais mouvements lents. Stabilité et intuitivité (équilibre dynamique) défis majeurs. Cybathlon (2016) booste innovations ; futur : interfaces cerveau pour contrôle naturel.
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