Nous admirons les robots explorateurs de Mars, soldats ou ouvriers d'usine. Mais un robot s'occupant de grand-mère ou des enfants ? Impensable pour beaucoup ! Bram Vanderborght, chercheur en robotique à la Vrije Universiteit Brussel, explique pourquoi ces machines transformeront positivement les soins de santé.
Près de 60 % des Européens rejettent les robots dans les soins aux aînés, et un quart craint leur présence en santé. "Beaucoup associent 'robot' à une machine froide, incapable d'empathie, voire menaçante comme Terminator", note Bram Vanderborght. Cette peur, infondée, reste un défi majeur pour les roboticiens spécialisés en santé.
Les robots thérapeutiques évoquent plutôt des peluches que des Terminator. Inspirés des animaux de thérapie – chiens pour les déments ou enfants malades –, ils produisent des effets similaires. Lors de la catastrophe de Fukushima, tous les robots de sauvetage ont échoué, sauf Paro, un phoque robot interactif. Distribué dans les centres de soins, il a apaisé les traumatisés âgés, équivalant à des tranquillisants et libérant du temps pour les cas graves.
Les robots rendront-ils les infirmières obsolètes en soignant, écoutant et réconfortant ?
Non, l'objectif est de soutenir, non de déshumaniser. Face au vieillissement démographique, les robots assument les tâches routinières – comme servir les repas –, libérant le personnel pour un vrai contact humain.
Vous développez Probo, un éléphant câlin vert pour thérapie autiste.
Probo fait le lien entre thérapeute et enfant, comme un chien en zoothérapie, mais contrôlable. Il apprendra émotions et erreurs pour une autonomie supervisée.
Pourquoi des robots humanoïdes dans la fiction ?
Les environnements humains exigent des compétences humaines : mobilité, manipulation, communication expressive. Sans être des clones – comme la fille robot d'Hiroshi Ishiguro, effrayante –, des formes animales comme Probo imitent nos comportements.
Comment s'adapter aux environnements variés ?
Les utilisateurs enseigneront aux robots par démonstration, comme Baxter en usine : un opérateur montre une tâche, le robot l'imite et s'améliore.
Les robots ne peuvent-ils partager leurs apprentissages ?
Oui, via Robo Earth, un 'Internet des robots' basé sur le cloud. Ils échangent savoirs, allégeant leur hardware. Utile en médecine pour diagnostiquer des maladies rares.
Et les risques de piratage ou de déchets informationnels ?
Un débat urgent sur confidentialité et sécurité s'impose. Des cas comme Rovio, webcam piratable, soulignent les enjeux : cambriolages, pub ciblée, ou robots-témoins.
Une question législative ?
Oui, pionner comme pour da Vinci à OLV Alost. Réglementer favorise innovation sans abus, comme pour les voitures autonomes de Google.
Vous œuvrez aussi sur des robots pour la rééducation à la marche.
Les exosquelettes comme Altacro adaptent l'assistance minimale et naturelle, contrôlant chevilles pour une marche optimale. Idéal post-AVC ou lésion médullaire.
Mais limités au tapis roulant ?
Des modèles mobiles comme eLegs permettent 2 km/h sur 6h. Avec KU Leuven, nous développons une combinaison pour aînés : debout prolongé, escaliers facilités, remplaçant le fauteuil roulant d'ici 4-5 ans.
Quel défi majeur ?
L'autonomie énergétique : supporter poids et usager. Inspirés du corps humain (efficace vs. robots à 1 %), nous récupérons l'énergie de freinage pour propulsion.
Vers le cyborg ultime ?
Déjà : prothèses cérébrales (bras contrôlé par pensées). Projets comme Mindwalker (Twente, Delft) visent des jambes mentales en 10 ans, malgré rejets implantables.
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