Les termites construisent leurs impressionnantes termitières sans gestionnaire de chantier. Des scientifiques de Harvard prouvent que les robots peuvent faire de même.

Inspirés par les termites du désert namibien, des robots autonomes de Harvard bâtissent des structures complexes sans chef ni communication élaborée.
Dans les plaines de Namibie, des millions de termites érigent un monticule géant servant de « poumon » à leur nid souterrain. Malgré les morts, le vent et l'érosion, le chantier perdure un an grâce à une « stigmatisation » : des signaux simples de l'environnement et des congénères guident le dépôt de terre. Chez les humains, un plan détaillé est indispensable pour une telle prouesse.
Cette intelligence collective a inspiré les informaticiens de la Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Sciences (SEAS). Ils ont développé les robots TERMES : de petits chariots autonomes qui ramassent des blocs, grimpent sur des pieux et les déposent. Guidés par un algorithme simple, équipés de capteurs, ils naviguent sur une grille. À la vue d'un bloc ou d'un autre robot, ils agissent, comme le montre la vidéo des chercheurs.
Malgré des règles basiques, leur comportement collectif est « intelligent ». Sans plan central ni leader, le système résiste aux pannes : un robot en panne n'impacte pas le groupe, et de nouveaux peuvent rejoindre facilement.
Ces avancées ouvrent la voie à des flottes de robots pour des missions risquées, comme ériger des digues anti-inondations, ou à long terme, construire des habitats sous-marins ou sur Mars. L'étude est publiée dans la revue Science. (rvb)