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Pourquoi les robots humanoïdes sont-ils majoritairement blancs ? Analyse des experts

Les robots humanoïdes, qu'ils soient issus de la fiction ou de la réalité, sont le plus souvent blancs. Les chercheurs Stephen Cave et Kanta Dihal, du Leverhulme Centre for the Future of Intelligence, explorent les raisons de ce phénomène et ses implications sociétales préoccupantes.

Une recherche Google sur « intelligence artificielle » ou « robots » affiche majoritairement des résultats à dominance blanche. Il ne s'agit pas seulement de la couleur, mais des traits humains conférés aux androïdes, qui évoquent principalement les Blancs occidentaux.

Dans le cinéma, cette tendance est flagrante : le Terminator d'Arnold Schwarzenegger ou Ash dans Alien (interprété par Ian Holm) en sont des exemples emblématiques. La série HBO Westworld fait exception avec sa diversité ethnique chez les androïdes.

Pourquoi les robots humanoïdes sont-ils majoritairement blancs ? Analyse des experts

Dans la réalité, des robots comme Sophia, Cindy Smart Doll ou My Friend Cayla affichent une apparence blanche. Selon Cave et Dihal, cela s'explique par le fait que la plupart des développeurs sont blancs, reflétant leur propre image. Les robots asiatiques, développés en Asie, adoptent des traits locaux.

Ce biais pose problème : la théorie critique de la race met en lumière comment la « blancheur » est vue comme neutre ou absente de couleur, perpétuant une élite blanche supérieure. Les robots blancs renforcent ainsi les stéréotypes raciaux, associant intelligence et traits coloniaux comme le « fardeau de l'homme blanc ».

Cette attitude peut avoir des conséquences considérables, en renforçant les éléments racistes dans notre société.

Les robots blancs symbolisent l'intelligence et la transcendance humaine, issus d'une vision eurocentrique. Cela crée un cercle vicieux : les chercheurs blancs perpétuent des technologies biaisées, subordonnant les personnes de couleur aux machines « neutres ».

Ces travaux s'inscrivent dans le projet Decolonizing AI du Leverhulme Centre, qui aborde aussi les inégalités de genre en IA pour promouvoir une technologie plus équitable.

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