Si vous cherchez à faire rire, surtout les enfants, les pets constituent une source infaillible d'amusement.
L'acte lui-même et les blagues sur les flatulences marquent toujours les esprits. À ma connaissance, peu de choses génèrent autant de joie avec si peu d'effort.
C'est intrigant : un pet est une fonction corporelle ordinaire, comparable à respirer ou éternuer. Pourtant, il fait rire l'humanité depuis des millénaires, partout dans le monde. La plus ancienne blague connue est sumérienne, datant d'il y a 4 000 ans, en Mésopotamie (actuel Irak) : « Ce qui n'est jamais arrivé depuis les temps immémoriaux : qu'une jeune femme ait pét é sur les genoux de son mari. » Les Sumériens en riaient aux éclats. Même William Shakespeare s'en servait dans Love's Labour's Lost : « Un homme peut rompre un mot avec vous, monsieur, et les mots ne sont que du vent. Oui, et te le casser au visage, pour qu'il ne te le brise pas par derrière. » Aujourd'hui, pères et oncles farceurs en attestent : le pet n'a rien perdu de son pouvoir comique.
Pourquoi les pets sont-ils si drôles ? Les experts de l'humour n'ont pas encore approfondi ce sujet précis. James Spiegel, professeur de philosophie à l'université Taylor (États-Unis), a récemment appliqué les théories existantes à cet humour gastrique.
Selon lui, trois mécanismes expliquent le rire : la supériorité (rire de la maladresse d'autrui, comme une glissade sur une peau de banane), la surprise (déviation des attentes, comme un chien qui parle) et la libération des tabous (blagues sur des sujets sensibles). Le pet coche toutes ces cases, expliquant son attrait irrésistible.
Cependant, Spiegel nuance : cet humour est si universel et intemporel qu'il doit être ancré dans notre cerveau. Seul un scanner cérébral pendant un pet pourrait trancher. Une chose est sûre : le pet restera éternellement drôle.