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Comment le stress chronique favorise la prise de poids : le rôle clé du cortisol

Des concentrations élevées à long terme d'hormones de stress dans le sang stimulent la production de cellules graisseuses.

Comment le stress chronique favorise la prise de poids : le rôle clé du cortisol

Les scientifiques ont identifié une molécule responsable de la multiplication des cellules graisseuses en cas de stress chronique. Cette molécule ne s'active qu'en présence d'un stress prolongé.

Le cortisol, hormone principale du stress, appartient à la famille des glucocorticoïdes, qui favorisent notamment la production de glucose. Chez les personnes en bonne santé, les niveaux de glucocorticoïdes varient au cours de la journée : pic à 8h00 et creux à 3h00. Ces fluctuations naturelles nous aident à nous réveiller et à stimuler l'appétit.

Le stress chronique élève durablement ces hormones, transformant les précurseurs de cellules graisseuses en véritables adipocytes. Jusqu'ici, on ignorait pourquoi le pic matinal naturel n'entraîne pas cette prise de poids, contrairement au stress prolongé.

« Une forte concentration de cortisol pendant 48 heures a conduit à plus de cellules graisseuses, contrairement à un pic de moins de 12 heures. »

Pour élucider ce mécanisme, des chercheurs ont cultivé en laboratoire des précurseurs de cellules graisseuses. Ils ont reproduit les pics et creux hormonaux normaux en exposant les cellules aux glucocorticoïdes. Certaines cultures ont été soumises à des niveaux élevés prolongés, simulant le stress chronique. Résultat : après 48 heures d'exposition élevée, le nombre de cellules graisseuses a augmenté, contrairement à un pic inférieur à 12 heures.

Ces précurseurs expriment la protéine PPAR-gamma, dont le niveau croît avec l'âge cellulaire, favorisant la différenciation en adipocytes. En marquant cette protéine, les scientifiques ont observé qu'après 34 heures, une autre molécule, la protéine FABP4, s'active et booste PPAR-gamma. C'est elle, le lien entre stress chronique et obésité.

« Les souris exposées à des concentrations élevées d'hormones pendant 21 jours étaient deux fois plus lourdes que celles ayant des niveaux normaux. »

Les souris soumises à un excès hormonal pendant 21 jours, malgré un régime identique, ont doublé de poids, confirmant ces observations.

La synchronisation des pics hormonaux est cruciale, concluent les experts. Des élévations prolongées activent des molécules pro-graisseuses. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies pour prévenir la prise de poids liée au stress chronique en ciblant ces mécanismes.


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