Les troubles mentaux touchent davantage les citadins que les ruraux. Par exemple, environ 40 % des habitants d'Amsterdam font face à des problèmes psychologiques, contre 22 % dans le reste des Pays-Bas. Des écarts similaires s'observent partout dans le monde. Pourquoi cette prévalence accrue en ville ? Comment prévenir et traiter ces troubles ? Pour y répondre, l'Université d'Amsterdam (UvA) a inauguré il y a deux semaines le Centre for Urban Mental Health†. Ce centre se focalise sur les trois pathologies les plus courantes : la dépression, les addictions et les troubles anxieux.
Quelle est la cause et quelle est la conséquence ? La vie urbaine provoque-t-elle ces troubles, ou attire-t-elle les personnes vulnérables ? « C'est une combinaison de facteurs », explique Josefien Breedvelt, directrice adjointe du Centre for Urban Mental Health de l'UvA. « Pour comprendre le lien entre urbanité et santé mentale, nous devons dépasser le dilemme de l'œuf et de la poule et analyser l'interaction de tous les éléments. En ville, le stress est amplifié par la solitude, la pollution et la pauvreté, augmentant le risque psychologique. Par ailleurs, les métropoles attirent les jeunes, et les troubles mentaux émergent souvent à l'adolescence. Étudier ces dynamiques est essentiel, et c'est ce qui rend notre centre unique », précise-t-elle.
« Les troubles psychiatriques se développent souvent pendant l'adolescence » Josefien Breedvelt, directrice adjointe du Centre for Urban Mental Health de l'UvA
Pour identifier où le bât blesse, les chercheurs du centre recourent à la « science de la complexité ». « Des experts de disciplines variées – de la physique à la psychologie – collaborent pour cartographier tous les facteurs en jeu : urbains, génétiques, biologiques et environnementaux. Ces éléments s'interinfluencent. Nous évaluons aussi les interventions ciblant les composantes clés. Quels impacts sur la santé mentale des citadins ? »
À terme, le centre ambitionne de modéliser les troubles psychologiques urbains et de développer des traitements et préventions sur mesure. Cette approche est cruciale : plus de la moitié de la population mondiale vit déjà en ville, et ce chiffre atteindra 70 % d'ici 2050.
[]