Les médecins explorent des interventions prénatales pour anticiper et prévenir les complications chez les prématurés.
« Je trouve toujours impressionnant de voir cette liste de conditions », déclare Marloes Rietman en présentant son dossier médical. Née en 1988 après 29 semaines de gestation, elle a passé un mois et demi à l'hôpital universitaire de Groningue, puis a été transférée à l'hôpital Wilhelmina d'Assen.
Les zones du cerveau contrôlant l'attention, la mémoire et les émotions forment des connexions moins solides chez les prématurés.
Rietman a souffert de multiples problèmes pulmonaires, dont des effondrements répétés et un canal artériel persistant – une connexion entre l'aorte et l'artère pulmonaire qui doit se fermer après la naissance. Chez elle, une intervention chirurgicale précoce a été nécessaire. Aujourd'hui âgée de 29 ans, elle se forme au métier de médecin généraliste. « En 1988, naître à 29 semaines était très précoce. C'est remarquable que tout aille si bien maintenant. »
Les naissances prématurées sont en hausse : aux Pays-Bas, de 1 300 cas annuels dans les années 1980 à 12 000 aujourd'hui (voir aussi « Naissances prématurées dans le monde »). Des tendances similaires sont observées en Belgique.
Facteurs de risque : âge maternel avancé, grossesses multiples liées à la FIV, infections, diabète, hypertension, stress, tabagisme ou consommation d'alcool et de drogues. Souvent, la cause reste inconnue.
Lancée en 1983, l'étude POPS (Project on Preterm and Small-for-Gestational-Age Infants) suit 94 % des enfants nés avant 32 semaines ou pesant moins de 1 500 g. Unique par son ampleur et sa durée, elle révèle la gravité des prématurités : 30 % de mortalité initiale, 6 % de handicaps graves chez les survivants. Aujourd'hui, le taux de survie atteint 90 %, mais plus la naissance est précoce, plus les risques à long terme augmentent.
Problèmes immédiats : anémie, apnées, régurgitations, irritabilité, strabisme, troubles auditifs et hypotonie. À long terme, infections chroniques, maladresse ou retards développementaux touchent 40 % des enfants à 5 ans (6 % graves). Un enfant sur sept présente des séquelles modérées à sévères.
« Ces résultats étaient encourageants vu les épreuves subies », note Sylvia van der Pal, du TNO, qui pilote l'étude POPS. « Des problèmes émergent même plus tard, liés à ce début difficile. »


À 9 ans, un quart fréquente l'enseignement spécialisé ; problèmes de concentration et socialisation courants. À 19 ans (2002), 75 % se disent satisfaits de leur vie, avec moins de tabagisme, alcoolisme ou délinquance – peut-être dû à une éducation protectrice. Pourtant, un tiers sans séquelles, un tiers mineures, et le reste graves (troubles pulmonaires, hypertension, spasticité, apprentissages ou socialisation).
Les plus vulnérables : ceux de faible poids pour l'âge gestationnel, avec infections ou hémorragies cérébrales. Facteurs socio-économiques influents, selon Monique Rijken (Leiden UMC).
À l'UMC Utrecht, scanners cérébraux systématiques pour naissances ≤ 28 SA : 40 % de lésions de substance blanche. Prédiction de paralysies et stimulations précoces. Manon Benders (néonatologie) : « Cela explique troubles cognitifs, moteurs, attentionnels. Nous scannerons à 8 ans pour confirmer. »
Préventions : sulfate de magnésium prénatal, suppléments nutritionnels, cellules souches futures. Réduction des analgésiques, musique classique, peau-à-peau en incubateur.
Avant 50 ans, pas d'USIN. Progrès : surfactant pulmonaire, corticoïdes prénatals. Limite viable : 24 SA aux Pays-Bas/Belgique (qualité de vie prioritaire).
Prometteur : biobag testé sur agneaux à Philadelphie. Anton van Kaam (AMC Amsterdam) : « Introduit d'ici 10 ans, il pourrait réduire complications jusqu'à 28 SA. » Défis : composition placentaire, taille humaine (600 g vs 1,5 kg).
Marloes Rietman, ex-rameuse de haut niveau, incarne les 30 % sans séquelles.
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