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Bébés de mères obèses : télomères plus courts et vieillissement moléculaire accéléré

Les nouveau-nés de mères obèses présentent des cellules avec des télomères raccourcis, signe d'un vieillissement moléculaire plus avancé.

Bébés de mères obèses : télomères plus courts et vieillissement moléculaire accéléré

Aux extrémités des chromosomes se trouvent les télomères, structures d'ADN protectrices du matériel génétique. Leur longueur est liée au vieillissement : à chaque division cellulaire, ils se raccourcissent légèrement. Des télomères courts limitent le nombre de divisions futures et réduisent l'espérance de vie cellulaire. Des chercheurs de l'Université de Hasselt ont montré que les bébés de mères en surpoids naissent avec des télomères plus courts.

L'étude a suivi plus de 740 mères en surpoids ou non, et leurs nouveau-nés. Pour chaque point d'IMC supplémentaire chez la mère, les télomères des bébés étaient en moyenne 0,5 % plus courts. « Sur 10 000 paires de bases – longueur moyenne des télomères néonatals –, cela équivaut à une réduction d'environ 50 paires de bases », précise Dries Martens (UHasselt).

Cet effet est une moyenne groupe. Chez les mères en surpoids (IMC > 25) ou obèses (IMC > 30), l'association est plus marquée, absente chez celles de poids normal. Les télomères des bébés de mères obèses sont 5,5 % plus courts que ceux de mères de poids normal.

Espérance de vie cellulaire réduite

Les télomères se raccourcissent de 32 à 45 paires de bases par an. Une perte de 50 paires équivaut à 1,1 à 1,6 ans de vieillissement normal.

« Tous les nouveau-nés ont le même âge chronologique, mais un âge biologique moléculaire différent », explique le professeur Tim Nawrot (UHasselt). « Les bébés de mères en surpoids ou obèses sont biologiquement plus âgés. Leurs cellules ont une durée de vie moindre. »

L'impact exact sur l'espérance de vie reste à préciser. « Le raccourcissement télomérique est lié à des maladies liées à l'âge comme les troubles cardiovasculaires et le diabète », note Nawrot. Cette étude renforce l'idée d'une programmation fœtale influencée par le poids maternel, favorisant des pathologies ultérieures. La prévention commence avant la conception.

« Nous anticipons un lien entre longueur télomérique et longévité », ajoute Martens. « Chez les diamants mandarins, des télomères courts réduisent l'espérance de vie, mais aucune étude humaine n'existe sur le long terme. »


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