Les muscles responsables de la respiration, comme le diaphragme et les intercostaux, consomment plus d'oxygène chez les femmes que chez les hommes lors d'un effort physique. Cette découverte pourrait expliquer pourquoi les hommes affichent en moyenne une plus grande force physique.

Durant l'exercice, la respiration s'accélère et les muscles respiratoires travaillent plus intensément, augmentant leur demande énergétique. Selon une étude récente publiée dans The Journal of Physiology (2020), cette demande est significativement plus élevée chez les femmes. Résultat : une plus grande part de l'oxygène total est dirigée vers ces muscles, au détriment potentiellement des muscles locomoteurs.
« Si les femmes requièrent plus d'oxygène pour respirer, davantage de sang afflue vers leurs muscles respiratoires pendant l'effort. Cela pourrait limiter les performances des jambes en réduisant le flux sanguin vers celles-ci, une hypothèse à confirmer par des recherches supplémentaires », explique le Pr William Sheel, de l'Université de la Colombie-Britannique (Canada), auteur principal de l'étude. « Ce phénomène pourrait aussi influencer les maladies pulmonaires : une capacité vitale réduite associée à des muscles plus sollicités accroît la demande énergétique, particulièrement chez les femmes. »
La méthodologie a impliqué des hommes et femmes en bonne santé. Un premier test a mesuré la consommation d'oxygène globale au repos et en mouvement. Par la suite, les participants ont reproduit leurs schémas respiratoires à divers niveaux d'exercice, permettant d'isoler la consommation des muscles respiratoires et de la rapporter à la dépense totale.
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