Le sexe, l'âge, les liens familiaux et les traits de personnalité influencent tous le risque d'épuisement professionnel à des degrés variés.

Les femmes sont-elles plus vulnérables au burn-out ? Wilmar Schaufeli, psychologue du travail à l'Université d'Utrecht, a analysé cette question dès 1998. Son examen des études scientifiques révèle une différence notable : face au stress et à l'engagement, les femmes s'épuisent émotionnellement plus rapidement que les hommes, tandis que ces derniers deviennent cyniques plus vite sous pression.
Certains stéréotypes se vérifient : les hommes rationalisent souvent leurs problèmes, blâmant l'environnement ou le supérieur ; les femmes, en revanche, ressentent plus intensément les tensions sociales sur le plan émotionnel.
Les femmes portent également un fardeau supplémentaire : la charge ménagère et familiale pèse majoritairement sur leurs épaules. Combinée à un emploi à temps plein, cette double charge génère un stress accru, favorisant l'épuisement.
Wilmar Schaufeli et ses collègues ont aussi étudié l'impact de l'âge. Le risque est maximal en début de carrière. Les psychologues allemands Dietmar Schulte et Rainer Künzel ont décrit ce phénomène dès 1986 comme un « choc de réalité » : la confrontation aux exigences professionnelles dépasse souvent les attentes initiales, provoquant déception et pression.
Les jeunes employés doivent se faire leurs preuves sans toujours bénéficier d'un CDI, accentuant le sentiment d'épuisement. Ceux qui vivent un burn-out tôt sortent rapidement du marché du travail ou changent pour un poste mieux adapté, réduisant ainsi la prévalence chez les seniors. Les groupes d'âge ne sont donc pas directement comparables.