Vingt pour cent des calottes glaciaires du Canada risquent de disparaître définitivement d'ici la fin du siècle.

Les calottes glaciaires du nord du Canada fondent à un rythme croissant. Selon une étude menée par des météorologues américains et de l'Université d'Utrecht, en collaboration avec le KNMI (Institut royal néerlandais de météorologie), 20 % de ces calottes pourraient avoir disparu d'ici 2100. Les résultats sont publiés cette semaine dans la revue scientifique Geophysical Research Letters.
La fonte seule des calottes glaciaires canadiennes entraînerait, en plus de celle du Groenland et de l'Antarctique, une hausse supplémentaire du niveau mondial des mers de 3,5 centimètres d'ici la fin du siècle. Pour Jan Lenaerts, météorologue à l'Université d'Utrecht, ce processus est irréversible et pourrait entraîner un réchauffement de 8 °C autour de la région. « Les calottes glaciaires réfléchissent la majeure partie de la lumière solaire. Quand la glace disparaît, le sol absorbe cette chaleur, accentuant le réchauffement local », explique-t-il.
Troisièmes plus grandes calottes glaciaires au monde après celles du Groenland et de l'Antarctique, elles ont déjà vu les températures régionales augmenter de 1 à 2 °C depuis 2000, accélérant leur disparition. Selon Lenaerts, cela menace les écosystèmes, la faune et les communautés traditionnelles comme les Inuits, qui ne pourront plus chasser ou construire leurs habitations. « Les populations du Nord canadien pourraient devoir migrer pour survivre », alerte-t-il.
Pour cette recherche, les scientifiques ont développé un modèle climatique validé par les observations des 10 dernières années. Les prévisions indiquent une probabilité très faible de regain pour ces calottes.