Les records du monde en athlétisme sont régulièrement battus, soulevant la question des limites physiques humaines. Les chevaux de course suivent la même tendance, comme le démontre une étude scientifique récente.

À chaque grand événement sportif, de nouveaux records tombent. Même Usain Bolt, l'homme le plus rapide du monde sur 100 mètres, pourrait-il aller plus vite ? Les scientifiques s'interrogent sur ces limites, non seulement pour les humains, mais aussi pour les chevaux de course.
Des chercheurs de l'Université d'Exeter (Royaume-Uni) ont analysé les données des 150 dernières années, couvrant plus de 600 000 performances de plus de 70 000 chevaux, professionnels et amateurs. Les résultats, publiés dans la revue Biology Letters, montrent une augmentation régulière de la vitesse, particulièrement marquée sur les courtes distances, tandis qu'elle se stabilise sur les plus longues.
Contrairement à l'idée répandue que les chevaux avaient atteint leurs limites ces dernières décennies, cette étude contredit ce consensus. « En 1850, les sprinteurs équins atteignaient un peu moins de 54 km/h », explique le chercheur principal, Patrick Sharman. « Aujourd'hui, ils dépassent les 60 km/h, soit une progression d'environ 12 %. Pour les distances longues (plus de 2 km), la vitesse est passée de 50,8 à 55,7 km/h. »
Cette évolution s'est produite en deux phases : au début du XXe siècle, grâce à une nouvelle posture des jockeys (accroupis, étriers plus courts) ; puis dans les années 1970-1980, liée à la popularité des courses et à une sélection génétique accrue.
Mais où sont les limites ? Sharman ajoute : « En théorie, une limite existe. Les progrès persistent sur les sprints ces 15 dernières années, mais se stabilisent sur les moyennes et longues distances. Nous étudions si les chevaux sont naturellement plus aptes au sprint ou si l'élevage les optimise pour la vitesse. » (adw)