Des scientifiques ont calculé qu'il faut plus de 24 millions de générations pour qu'un animal de la taille d'une souris devienne aussi grand qu'un éléphant. L'inverse est dix fois plus rapide.
Une équipe internationale de vingt biologistes et paléontologues a démontré que les espèces de mammifères mettent beaucoup plus de temps à croître qu'à rétrécir. Alors qu'une espèce nécessite des millions de générations pour se développer, seulement 100 000 générations suffisent pour évoluer vers une forme naine. Le rétrécissement s'explique souvent par un manque de nourriture ou des changements environnementaux : les petits animaux consomment moins et survivent mieux.
Publiée dans les Actes de l'Académie nationale des sciences (PNAS), cette recherche révèle aussi que les mammifères marins grandissent deux fois plus vite que les mammifères terrestres. Par exemple, un mammifère terrestre met environ dix millions de générations pour atteindre sa taille maximale, contre moitié moins pour une baleine.
L'étude analyse diverses espèces de mammifères depuis l'extinction des dinosaures, il y a 65 millions d'années. Exprimée en nombre de générations plutôt qu'en temps absolu – pour une comparaison précise tenant compte des durées de vie variables –, elle éclaire les mécanismes d'évolution des mammifères, les conditions de croissance, de rétrécissement ou d'extinction. (mh)