Une étude sur le déclin cognitif à partir de trente ans ouvre des perspectives pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer.

La mémoire commence à décliner dès 30 ans, et les hommes obtiennent des résultats inférieurs aux tests de mémoire par rapport aux femmes, particulièrement après 40 ans. Cette conclusion provient d'une étude américaine menée par la Mayo Clinic sur plus de 1 200 personnes en bonne santé cognitive, âgées de 30 à 95 ans.
Ce déclin mémoriel coïncide avec le rétrécissement de l'hippocampe, région cérébrale clé pour le stockage des souvenirs. Il progresse doucement au début, puis s'accélère fortement après 65 ans. Pourtant, l'accumulation de plaques amyloïdes – marqueur de la maladie d'Alzheimer – ne débute qu'après 60 ans. Chez les porteurs du gène APOE ε4, facteur de risque d'Alzheimer, les plaques n'apparaissent en excès qu'après 70 ans, comparé aux non-porteurs.
L'étude de Clifford Jack et son équipe à la Mayo Clinic contredit l'hypothèse selon laquelle les plaques amyloïdes expliqueraient les performances mémorielles à tous les âges, note le neuroscientifique Charles DeCarli (Université de Californie, Davis) dans un commentaire publié dans le JAMA, où paraît également l'étude de Jack. En effet, cette accumulation ne commence qu'à 65 ans, alors que le volume hippocampal et les scores mémoriels ont déjà fortement diminué.
"Cette recherche soulève la question des causes de ce déclin cognitif précoce", souligne DeCarli. Le diabète ou l'hypertension pourraient jouer un rôle, de même que certaines variantes génétiques. Cependant, ces facteurs n'expliquent qu'en partie le phénomène. Ces résultats pourraient orienter de nouvelles études sur les risques et ouvrir des voies innovantes pour la recherche sur Alzheimer. (lg)
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