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Bracelet de cheville : deux fois moins de récidive que la prison, selon une étude belge inédite

Les personnes incarcérées présentent un risque de récidive deux fois plus élevé que celles placées sous bracelet électronique. C'est ce que révèle une étude inédite de l'Institut national de criminalistique et de criminologie (NICC), à laquelle Eos a eu un accès exclusif.

Bracelet de cheville : deux fois moins de récidive que la prison, selon une étude belge inédite

Une récidive réduite de moitié avec la surveillance électronique

Cette première étude belge sur l'efficacité du bracelet de cheville a suivi 5 381 détenus libérés entre 2003 et 2005. Parmi eux, 1 074 ont exécuté au moins 90 % de leur peine sous surveillance électronique. Moins d'un an après la fin de leur peine, 18 % des ex-détenus de prison étaient de retour derrière les barreaux, contre seulement 5 % pour ceux sous bracelet. Cinq ans plus tard, ces chiffres s'élèvent respectivement à 46 % et 24 %. Les chercheurs ont ajusté les résultats en fonction du type d'infraction, évitant ainsi toute comparaison biaisée entre infractions mineures et graves.

"Les données indiquent qu'une peine de prison a des effets plus néfastes sur la réinsertion et est moins dissuasive que la surveillance électronique", explique Luc Robert, chercheur au NICC, dans Eos 2020. Des travaux de l'Université de Gand confirment que le bracelet, perçu comme une punition limitant la liberté de mouvement, préserve mieux les liens sociaux, favorisant ainsi une moindre récidive.

Les études antérieures soulignent l'inefficacité de la prison, limitée à l'éloignement temporaire des délinquants. Les alternatives comme le bracelet ou les travaux d'intérêt général sont moins coûteuses, soulageent la surpopulation carcérale et préviennent mieux la criminalité future. En Belgique, environ 1 800 condamnés ont purgé leur peine (ou une partie) à domicile avec bracelet en 2014. Les résultats du NICC paraîtront en avril dans le Journal of Criminology.

Bracelet de cheville : deux fois moins de récidive que la prison, selon une étude belge inéditeLisez l'article complet dans le numéro d'avril d'Eos.

Grey Cells Leuven : le (non) sentiment d'emprisonnement

Le lundi 30 mars, Kristel Beyens et Miranda Boone débattront des peines (de prison) au STUK à Louvain (Naamsestraat 96). Kristel Beyens abordera les évolutions de la politique criminelle belge, tandis que Miranda Boone se penchera sur celle des Pays-Bas. Suivra un débat modéré par Dieter De Cleene, rédacteur en chef d'Eos. Entrée gratuite, réservation recommandée.

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