Les saignements post-coïtaux peuvent avoir de multiples origines comportementales ou médicales. Découvrez les explications les plus fréquentes et apprenez à distinguer le normal du pathologique.
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Découvrir du sang après un rapport sexuel, sur les draps, son partenaire ou au moment de se laver, peut être inquiétant. Pas de panique : ce phénomène est courant et souvent bénin.
Les saignements post-coïtaux touchent de nombreuses personnes sexuellement actives et peuvent résulter de causes variées, sans gravité dans la plupart des cas. Parfois, la cause reste inconnue.
En raison de différences anatomiques et hormonales, les femmes sont plus susceptibles de saigner pendant ou après un rapport sexuel, selon le Dr Michael Ingber, urologue, chirurgien en médecine pelvienne et professeur clinicien adjoint en urologie au Collège médical Weill Cornell.
Ce phénomène concerne de 0,7 % à 9 % des femmes, dont certaines n'en parlent pas à leur médecin. Les causes incluent traumatismes, infections, maladies de la muqueuse utérine, du col, du vagin ou des lèvres, ainsi que des changements hormonaux.
Chez l'homme, le saignement post-coïtal le plus courant est l'hémospermie, présence de sang dans le sperme. Une étude allemande de 2020 publiée dans Deutsches Ärzteblatt International a révélé que 0,5 % des 26 500 hommes suivis pour problèmes prostatiques en souffraient. Ce taux pourrait être sous-estimé en raison de la réticence à consulter.
Les causes : traumatismes péniens ou testiculaires, obstructions, vasculites ou infections. Les rapports intenses peuvent aussi causer des écorchures.
La majorité sont bénins, assure la Dre Mary Jane Minkin, gynécologue-obstétricienne et professeure clinicienne à la faculté de médecine de l'Université Yale. « Cela peut être un simple désagrément, mais aussi un signe avant-coureur de problème grave. Restez vigilant et écartez tout risque », conseille-t-elle.
Un saignement isolé sans douleur peut provenir de positions acrobatiques, jouets sexuels ou pratiques BDSM. En revanche, une douleur aiguë ou persistante nécessite une consultation, précise le Dr Ingber. Toute douleur pendant le rapport, fréquente chez les femmes, mérite un examen médical.
Fièvre, pertes chroniques, rougeurs, gonflements ou douleurs signalent une infection, une maladie ou une lésion. Consultez sans tarder, recommande la Dre Minkin.
« Un saignement mineur qui guérit sans douleur n'est pas urgent », note le Dr Ingber. En cas de récurrence ou d'autres symptômes, un médecin s'impose.
Pré-ménopause, puberté, menstruations ou post-ménopause fragilisent les tissus vaginaux, favorisant abrasions et saignements, explique le Dr Ingber. Plus fréquent après la ménopause.
Le sang des règles peut être déclenché par l'orgasme. Pas d'inquiétude si c'est lié au cycle.
Suivez les instructions, utilisez du lubrifiant et arrêtez en cas de douleur, conseille Carol Queen, sexologue et co-auteure de The Sex & Pleasure Book. Le Dr Ingber rapporte de nombreux cas en clinique.
Fissures anales, hémorroïdes ou traumatismes sont courants, selon le Dr Ingber.
Baisse d'œstrogènes (ménopause, allaitement, médicaments), manque de préliminaires ou lubrifiant fragilise les tissus, note la Dre Minkin. Privilégiez préliminaires et lubrifiants.
Spotting post-coïtal fréquent, surtout après insertion ou en cas de choc pénien, précise le Dr Ingber.
Entente et limites sont essentielles, souligne Carol Queen.
Après accouchement, les organes descendent, irritant la muqueuse vaginale.
Principale cause chez l'homme ; vaginite, MIP ou IVU chez la femme, indique la Dre Minkin.
Excroissances bénignes sensibles au mouvement.
Rare, mais le cancer du col utérin est à surveiller. Consultez en cas de répétition pour un frottis ou biopsie.
Un saignement occasionnel est souvent normal. Récurrent, douloureux ou accompagné de symptômes ? Consultez un médecin. Inscrivez-vous à notre infolettre pour des conseils santé fiables !
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