De nombreux facteurs augmentent le risque de comportements criminels. Certains individus enfreignent la loi en raison de troubles psychologiques, comme la psychose. Souvent, ces personnes ont subi un traumatisme infantile, qui accroît ce risque. Les criminels psychotiques consomment fréquemment de la drogue ou de l'alcool lors de leurs infractions, des substances qui déinhibent et favorisent l'agressivité. La psychose peut aussi s'associer à une idéologie extrémiste, une isolation sociale et l'accès à des armes, multipliant les dangers. D'autres troubles, comme les traits psychopathiques – ignorance des normes sociales, absence d'empathie, impulsivité violente – amplifient ce risque.
Le style parental joue également un rôle, et dans de rares cas, une lésion cérébrale spécifique provoque une agressivité.
Les psychopathes criminels ont un centre de récompense hypersensible
Et le cerveau des criminels ? Des différences neurologiques distinguent les cerveaux de criminels violents de ceux des non-criminels. On distingue deux profils : les impulsifs, sans préméditation, et les délibérés. Chez les premiers, l'amygdale est hyperactive, provoquant des réactions émotionnelles extrêmes et violentes. Chez les seconds, souvent psychopathes, elle est hypoactive : ils contrôlent leurs émotions, ressentent peu la peur et ignorent les normes sociales.
Chez ces psychopathes, le striatum ventral (centre de récompense) est hypersensible, activé rapidement par le gain (butin d'un vol, par exemple), éclipsant culpabilité et normes.
Tous les psychopathes ne sont pas criminels. Chez les non-criminels, le cortex préfrontal ventromédian inhibe le centre de récompense ; chez les criminels, il est moins actif, libérant l'impulsion récompensatoire. Cette combinaison est explosive.
Une IRM prédit-elle le crime ? Non, les différences sont subtiles, visibles seulement en grands groupes. L'avenir dira la suite.
Robbert-Jan Verkes est professeur de psychiatrie légale à l'Université Radboud de Nimègue. Il a étudié les différences cérébrales entre psychopathes criminels et non criminels. Interview réalisée par la journaliste scientifique Anouk Bercht.
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