La grossesse entraîne une réduction de certaines zones de matière grise dans le cerveau des femmes, avec des effets persistants au moins jusqu'aux deux ans de l'enfant.

La grossesse provoque une diminution de la matière grise dans des régions spécifiques du cerveau des femmes enceintes. Ces modifications persistent au moins jusqu'aux deux ans de leurs enfants.
Elseline Hoekzema, de l'Université de Leiden, a réalisé des IRM cérébrales sur 25 femmes avant et après leur première grossesse. Elle a analysé les variations de matière grise et comparé ces images à celles de 19 nouveaux pères ainsi qu'à 37 hommes et femmes sans enfants. Chez les jeunes mères, une diminution de la matière grise est apparue dès le début de la grossesse, principalement dans les zones liées à la "théorie de l'esprit" – la capacité à décoder les pensées, émotions et intentions d'autrui.
Deux ans après l'accouchement, ces changements subsistaient, sauf dans l'hippocampe où une récupération partielle a été observée. Cette région, essentielle à la mémoire, pourrait expliquer la "démence gestationnelle" : des études précédentes montrent que les femmes enceintes peinent parfois à retrouver leurs mots.
Ces altérations structurelles à long terme constituent la première preuve d'une modification cérébrale induite par la grossesse, selon Hoekzema et ses collègues dans un article publié dans la revue Nature Neuroscience.
Une réduction de matière grise ne signifie pas nécessairement une perte de cellules neuronales ; elle pourrait refléter une optimisation des connexions synaptiques, similaire aux changements observés à la puberté. Chez les enfants, le cerveau émonde les connexions superflues pour renforcer les plus utiles. Ce processus pourrait affiner les compétences sociales des mères.
Ces adaptations prépareraient les femmes à la maternité, estime Hoekzema. Les mères présentant les modifications les plus marquées ressentaient un lien plus fort avec leur bébé. Les régions affectées s'activent spécifiquement face à des photos de leur enfant, favorisant une meilleure compréhension de ses besoins et un attachement solide. (lg)