Jouer et écouter de la musique offre de multiples bienfaits pour le cerveau. Voici les révélations des recherches les plus récentes.
La musique est magique. Une mélodie entraînante peut vous propulser sur la piste de danse ou vous aider à vous détendre profondément. Une chanson familière ravive les souvenirs, éveille des émotions intenses ou stimule l'imagination. Bien que les scientifiques étudient depuis longtemps l'interaction entre musique et esprit humain, une évidence émerge : la musique active le cerveau de manière mystérieuse et complexe.
Dans son ouvrage This Is Your Brain On Music, le professeur Daniel J. Levitin explique que « l'activité musicale sollicite presque toutes les régions connues du cerveau et la plupart des sous-systèmes neuronaux ». Ainsi, gratouiller une mélodie à la guitare ou assister à un concert symphonique engage l'ensemble de votre cerveau. L'absence d'un centre musical unique complique l'analyse : comme le langage, la musique est traitée par diverses zones – le ton et le tempo par certaines, la mémoire et les émotions par d'autres. Jouer d'un instrument mobilise en plus la coordination motrice et la lecture des partitions.
« Il y a suffisamment de preuves pour affirmer que la musique exerce des effets bénéfiques sur le cerveau », déclare la Dre Lola Cuddy, professeure émérite de psychologie à l'Université Queen's. « Mais soyons prudents. » Elle met en garde contre les affirmations sensationnelles non prouvées, comme l'« effet Mozart », qui promettait une augmentation de l'intelligence via la musique de Mozart.
Comme le souligne la Dre Cuddy, les enfants suivant des leçons de musique excellent souvent dans les tests de lecture et de concentration. « Cela pourrait aiguiser ces compétences. Pour progresser en lecture ou maths, un enseignement ciblé reste idéal, mais l'apprentissage musical présente des avantages avérés », précise-t-elle. Les musiciens développent aussi une meilleure perception auditive, décodant mieux la parole dans un bruit ambiant.
Intéressant : la musique joue un rôle clé dans la rééducation cérébrale et motrice. Partageant des circuits neuronaux avec le contrôle moteur, elle aide les patients parkinsoniens, post-AVC ou souffrant de troubles cognitifs et langagiers à retrouver de la mobilité.
Les travaux de la Dre Cuddy, soutenus par la Grammy Foundation et la Société Alzheimer du Canada, ciblent l'Alzheimer. « Beaucoup de patients conservent la capacité de reconnaître la musique », note-t-elle, citant une patiente chantant des airs familiers malgré l'amnésie des proches et l'incapacité à s'autogérer. « C'est encourageant : la musique enrichit la qualité de vie, facilite la communication soignant-patient et ravive les souvenirs via le chant partagé. »
Comprendre pourquoi certaines zones cérébrales résistent à la démence orientera les futures recherches. « Nous mieux saisirons les mécanismes de protection neuronale », espère la Dre Cuddy.
Les mystères du cerveau ne sont qu'effleurés. « La musique active un réseau neuronal vaste et distribué », souligne la Dre Cuddy. Cela favorise un cerveau sain tout au long de la vie.
Même sans preuves d'un gain d'intelligence, la musique remonte le moral, détend, abaisse la tension artérielle et soulage les tensions musculaires. « Elle est thérapeutique », affirme l'experte. Plaisir intemporel, la musique perdure dans la mémoire : « Écoutez-la tôt ou tard, elle restera gravée, rassurant face à la peur de l'oubli. »
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