Le cancer du sein chez les hommes reste largement méconnu, tant des professionnels de santé que des patients.
La grande majorité des cas de cancer du sein touche les femmes : une sur huit développe une tumeur avant 75 ans. Chez les hommes, c'est beaucoup plus rare : un sur mille environ au cours de sa vie.
Les hommes ne bénéficient pas des programmes de dépistage systématique réservés aux femmes. « Un dépistage généralisé chez les hommes risquerait un surdiagnostic et un surtraitement, sans bénéfice significatif compte tenu de la faible incidence », explique la chirurgienne spécialisée en sénologie Ann Smeets (UZ Leuven).
Sans dépistage, le diagnostic survient souvent tardivement, à l'apparition de symptômes identiques à ceux des femmes, comme une masse sous le mamelon. « Malheureusement, les hommes ignorent trop souvent que ce cancer peut les toucher », ajoute-t-elle.
« Les hommes doivent consulter un médecin sans tarder s'ils remarquent ou sentent un changement dans leurs seins. » Ann Smeets, chirurgienne du sein (UZ Leuven)
Ce retard diagnostique fait que les tumeurs masculines sont souvent plus avancées et invasives. En 2018, sur 131 hommes diagnostiqués en Belgique, 95 % présentaient un cancer invasif, note le pathologiste Paul van Diest (UMC Utrecht).
De plus, les hommes sont généralement exclus des essais cliniques. Les traitements validés chez les femmes sont appliqués par extrapolation, alors que certaines caractéristiques tumorales ont des impacts différents chez les hommes, pouvant mener à des erreurs d'évaluation et de prise en charge.
L'auto-examen systématique n'est pas recommandé chez les hommes : « Cela génère souvent une anxiété inutile sans gain diagnostique notable », précise Smeets. L'essentiel reste la vigilance : consultez immédiatement en cas de changement.
Image : Ann Smeets
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