Les femmes l'affirment souvent : les hommes exagèrent leurs symptômes lorsqu'ils sont malades. Pourtant, une étude récente suggère que la grippe frappe effectivement plus sévèrement les hommes.

Des chercheurs américains ont cultivé des cellules de muqueuse nasale humaine in vitro et les ont exposées au virus de la grippe. En ajoutant des hormones sexuelles féminines, ils ont observé que le virus se multipliait moins dans les cellules nasales des femmes que dans celles des hommes. Ces hormones se lieraient aux récepteurs des cellules féminines, formant un bouclier protecteur contre le virus. Les cellules masculines, dépourvues de ces récepteurs, ne bénéficient pas de cet effet.
Les auteurs estiment que ces hormones, utilisées en contraception ou en thérapie ménopausique, pourraient ouvrir des voies thérapeutiques contre la grippe.
Comment interpréter ces résultats ?
Cette étude a été réalisée sur des cellules de muqueuse nasale cultivées in vitro, non sur des humains. Les chercheurs ont ajouté virus et hormones, observant une multiplication virale moindre dans les cellules féminines.
Cette approche reste éloignée de la réalité clinique. Dans la vie réelle, de multiples facteurs influencent l'infection : défenses immunitaires, âge, nutrition, tabagisme, comorbidités respiratoires. Le sexe et les hormones pourraient jouer un rôle, comme le suggère cette recherche, mais sans conclusions définitives.
Conclusion
Cette étude n'est qu'un premier pas vers de potentiels traitements antigrippaux. Elle n'autorise pas les hommes à dramatiser des maux mineurs, ni les contraceptifs comme remède à la grippe.
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Peretz J et al. Les composés œstrogéniques réduisent la réplication du virus de la grippe A dans les cellules épithéliales nasales humaines primaires dérivées de donneurs féminins, mais non masculins. Am J Physiol Lung Cell Mol Physiol. doi:10.1152/ajplung.00398.2015
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