Pour ne pas offenser les garçons, de nombreuses adolescentes font semblant d'être moins intelligentes qu'elles ne le sont réellement.

Les adolescentes minimisent souvent leurs capacités intellectuelles afin de ne pas froisser les garçons. Les stéréotypes sociétaux exigent des jeunes hommes qu'ils soient intelligents, forts, grands et drôles, une image renforcée par les publicités et les films hollywoodiens. Cette pression a des conséquences néfastes, selon Maria do Mar Pereira, sociologue à l'Université de Warwick (Royaume-Uni).
Elle a mené une immersion ethnographique de trois mois dans un lycée portugais : elle a suivi les cours, passé les examens, déjeuné à la cantine avec les élèves de 14 ans, partagé les récréations et même accompagné les adolescents au centre commercial. Ainsi, elle a pu observer des comportements invisibles aux parents et enseignants.
Dans son ouvrage Doing Gender in the Playground: The Negotiation of Gender and Sexuality in School, Pereira conclut que les garçons subissent une pression constante pour affirmer leur domination : ils se battent, boivent, intimident sexuellement les filles, répriment leurs émotions et refusent l'aide.
Les filles, à l'inverse, cachent leurs talents : elles feignent une moindre intelligence, tolèrent l'intimidation et abandonnent des hobbies jugés "peu féminins". Ces observations, valables au Portugal comme dans l'Occident influencé par la culture anglo-saxonne, génèrent une faible estime de soi, du harcèlement, de la violence et un gaspillage de potentiels talents, alerte l'experte.