Le sommeil paradoxal joue un rôle essentiel chez les bébés pour consolider leurs expériences quotidiennes dans le cerveau.

Le sommeil paradoxal permet aux bébés de stocker durablement leurs expériences dans le cerveau.
Les nouveau-nés passent la majeure partie de leur temps à manger et à dormir. La plus grande part de ce sommeil est du sommeil paradoxal, phase pendant laquelle ils rêvent. Chez les jeunes mammifères, y compris les chats, cette phase est proportionnellement plus longue que chez les adultes, comparée au sommeil profond.
Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, menés par Marcos Frank, ont démontré que ce sommeil paradoxal est indispensable pour rejouer les expériences diurnes et les ancrer en mémoire. Ils ont étudié des chatons équipés d’électrodes pour monitorer leur activité cérébrale, après une privation sélective de sommeil paradoxal.
Cette privation a altéré leur capacité à traiter les informations visuelles et inhibé l’activation d’une enzyme clé, responsable de la solidification des nouvelles connexions synaptiques formées durant la journée.
« Les chatons ont besoin de dormir pour créer de nouveaux circuits neuronaux, et du sommeil paradoxal pour les consolider via les rêves », explique Frank, dont les travaux portent sur le traitement visuel.
Des études futures préciseront si ce mécanisme s’étend à d’autres régions cérébrales et chez les adultes. Frank insiste sur l’importance d’un sommeil suffisant chez les enfants et alerte sur les effets de certains médicaments, comme ceux contre le TDAH, qui réduisent le sommeil paradoxal sans études approfondies sur les conséquences. L’étude est parue dans la revue Science (2020, lg).
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