Les expériences sur la douleur chez les souris mâles ne s'appliquent pas toujours aux femelles.

Les souris atteintes de douleur chronique réagissent différemment à la douleur selon leur sexe. Les recherches menées uniquement sur des souris mâles ne sont donc pas toujours transposables aux femelles.
Dans la douleur chronique chez les animaux, l'activation des cellules microgliales de la moelle épinière joue un rôle clé. Ces cellules immunitaires hypersensibilisent le corps à la douleur issue d'une blessure ou d'une inflammation, rendant même le moindre contact douloureux.
Cependant, une nouvelle étude menée par des chercheurs canadiens et américains, publiée en 2020 dans la revue Nature Neuroscience, nuance cette vision. Ils ont induit des blessures chez des souris saines et administré des médicaments inhibant l'activité microgliale. Chez les mâles, la douleur a diminué comme prévu, mais pas chez les femelles, qui ont continué à souffrir. Les scientifiques attribuent cela à l'hormone testostérone chez les mâles, et aux lymphocytes T – un autre type de cellules immunitaires – chez les femelles. Ainsi, les deux sexes traitent la douleur de manière distincte.
Cette découverte souligne la nécessité d'inclure les deux sexes dans les études sur la douleur. Traditionnellement, les chercheurs privilégient les mâles pour éviter les variations liées au cycle hormonal des femelles. Chez l'humain, ces différences restent à confirmer, mais elles pourraient expliquer l'échec de certains médicaments ciblant la microglie en essais cliniques : ils n'agissent que sur une partie de la population. À terme, cela pourrait mener à des traitements personnalisés selon le sexe du patient. (tn)
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