Des chercheurs canadiens mettent en lumière une cause majeure de la 'rage aérienne', ce terme désignant les comportements incontrôlés des passagers : l'inégalité sociale.
Voler n'est pas toujours un plaisir. Selon une enquête d'Expedia, les principaux irritants pour les voyageurs aériens sont un voisin qui donne des coups de pied dans le siège, les compagnons malodorants et les enfants qui pleurent. S'ajoutent la compétition pour l'espace bagages à main, la lutte pour l'accoudoir et des heures assis dans un espace exigu. Il n'en faut pas plus pour agacer.
Dans une étude publiée dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), ces scientifiques ont analysé plus d'un million de vols. Résultat : les passagers en classe économique sont près de quatre fois plus susceptibles d'être impliqués dans des incidents à bord d'avions équipés d'une section première classe. Si l'embarquement se fait par l'avant – obligeant les passagers économiques à traverser la première classe –, le risque double en économique et est multiplié par onze en première classe.
Personne n'apprécie de voir des hommes d'affaires sirotant du champagne, surtout quand cela souligne le contraste avec la foule transpirante luttant avec ses bagages. Ce sentiment d'infériorité renforce la conscience du statut social et favorise les comportements inappropriés. Dans les cas extrêmes, cela peut mener à l'immobilisation de l'avion.
Les inégalités sociales pèsent donc aussi dans les airs. Le risque reste faible : 1,58 incident pour 1 000 vols avec première classe. Vous pouvez voyager sereinement dans la grande majorité des cas.
[]