FRFAM.COM >> Science >> Environnement

Les fourmis éleveuses de pucerons : un mutualisme fascinant dans la nature

La fourmi jaune des prés (Lasius flavus) protège les pucerons des racines de carotte dans son nid pour se nourrir du miellat qu'ils sécrètent.

Les fourmis pratiquent bel et bien l'élevage. Prenons l'exemple de la fourmi jaune des prés : elle abrite les pucerons des racines dans son nid, se régalant de leur miellat. En échange, les fourmis construisent des chambres spéciales pour ces "bétails" et les défendent contre les prédateurs. Le puceron de la carotte a tellement évolué en symbiose qu'il ne survit plus hors du nid de fourmis.

Ce partenariat entre la fourmi jaune des prés et les pucerons des racines illustre le mutualisme, une coopération mutuellement bénéfique très répandue dans la nature. D'autres fourmis cultivent des champignons, tandis que les océans regorgent d'associations symbiotiques. Chez les humains, la flore intestinale ou l'élevage du bétail en sont des exemples également.

"Le mutualisme est essentiel à la stabilité et à la résilience des écosystèmes", explique Aniek Ivens, chercheuse à l'Université de Groningue. "Pourtant, son évolution reste mal comprise. Selon les principes darwiniens classiques, la espèce dominante deviendrait parasite. Mais de nombreux cas de mutualisme durable contredisent cette idée."

C'est pourquoi Aniek Ivens a analysé le génome des pucerons. Résultat : ces pucerons se reproduisent majoritairement par clonage et restent confinés au nid. "Les fourmis optent pour une monoculture : un seul clone par chambre, avec parfois un autre en séparation. Cette faible diversité génétique, cette reproduction clonale et cette dispersion limitée sont des traits communs aux mutualismes stables, favorisant une co-évolution harmonieuse."

[]