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Fonte des calottes glaciaires : climat erratique et observations satellites trop courtes pour des prévisions fiables

L'observation satellitaire des calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland reste trop brève pour affirmer avec certitude que l'accélération récente de la perte de glace est exceptionnelle ou due à des processus naturels, selon une étude publiée dans Nature Geoscience par une équipe internationale incluant des chercheurs de l'Université d'Utrecht.

Fonte des calottes glaciaires : climat erratique et observations satellites trop courtes pour des prévisions fiables

Une fonte complète de ces calottes entraînerait une hausse du niveau de la mer de 63 mètres. Les processus glaciaires complexes, difficilement modélisables, génèrent une forte incertitude dans les projections. L'extrapolation de la perte actuelle est donc risquée.

Pour évaluer cela, les scientifiques ont comparé les données de GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) à une reconstruction modélisée de l'Université d'Utrecht. La perte de glace dépasse les attentes des processus naturels, mais l'accélération récente n'est pas encore confirmée.

"La contribution actuelle des calottes à l'élévation du niveau de la mer ne peut pas être extrapolée pour l'instant", explique Michiel van den Broeke (Université d'Utrecht). "De telles extrapolations pourraient surestimer ou sous-estimer la hausse de 35 cm d'ici 2100. Il faudra au moins 10 ans d'observations supplémentaires pour réduire cette incertitude."

Le bruit climatique masque les tendances

Depuis 2002, les satellites GRACE mesurent les changements gravitationnels, révélant une perte d'environ 300 milliards de tonnes de glace par an au Groenland et en Antarctique, en accélération. "Par rapport aux premières années, la perte a presque doublé", note Bert Wouters (Université de Bristol), responsable de l'étude.

Cependant, aucun consensus n'existe sur les causes. Outre le réchauffement anthropique, des phénomènes naturels comme les déplacements météorologiques dans l'Atlantique Nord ou les fluctuations océaniques peuvent expliquer cette perte. Il est prématuré d'extrapoler, sous peine d'erreurs significatives jusqu'en 2100.


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