Notre planète se réchauffe, et de nombreux animaux et plantes en subissent les conséquences, particulièrement ceux qui ne peuvent pas migrer vers des zones plus fraîches, comme les organismes confinés dans des étangs ou réserves naturelles.

Le réchauffement climatique affecte durement les espèces immobiles, telles que les daphnies, communément appelées puces d'eau, piégées dans un unique bassin entouré d'infrastructures humaines.
Certains biologistes soutiennent que la grande abondance et la reproduction rapide des puces d'eau, couplées à une diversité génétique suffisante, permettraient à la sélection naturelle d'opérer. Pourtant, jusqu'ici, aucune étude n'avait démontré en milieu naturel une augmentation de tolérance à la chaleur due à l'évolution.
Cette recherche à long terme semblait ardue. Mais les daphnies possèdent un atout unique : les œufs de repos, qui sédimentent au fond des étangs. « Dans un bassin stable, ces œufs sont stratifiés par âge dans la boue », explique Aurora Geerts, docteure en écologie à KU Leuven, qui prépare sa thèse sur le sujet.
Sous la direction de l'écologiste Luc De Meester (KU Leuven), une étude publiée en 2020 dans Nature Climate Change a ressuscité des œufs datant jusqu'à 50 ans. Les scientifiques ont testé leur résistance thermique en élevant progressivement la température jusqu'au « maximum thermique critique », point où les daphnies cessent toute activité.
Résultat : en 40 ans, ce seuil a augmenté de 0,5 °C, atteignant 37,5 °C, signe d'une adaptation évolutive. En conditions expérimentales, une hausse de 4 °C élève ce maximum de 3,6 °C en seulement deux ans.
Cette plasticité offre une marge, mais ne garantit pas la survie. « Des températures élevées favorisent parasites, hypoxie et assèchement des habitats », alerte Geerts. (Source : télévision)
[]