Les rorquals communs, ces géants des océans, capturent du plancton en engloutissant d'énormes volumes d'eau. Une adaptation remarquable : des nerfs élastiques spéciaux dans leur bouche et leur langue.

Une capacité d'extension exceptionnelle
Contrairement aux nerfs humains ou de la plupart des vertébrés, qui ne s'étirent pas sans dommage, ceux des rorquals communs doublent de longueur lors de l'ouverture buccale, puis se rétractent comme un élastique. "Comme un cordon élastique", explique le chercheur principal, Wayne Vogl, de l'Université de la Colombie-Britannique.
Ces nerfs, situés dans la langue et la bouche, permettent d'absorber plus d'eau que le poids de l'animal lui-même – jusqu'à 40-80 tonnes pour un adulte. L'eau est ensuite filtrée à travers les fanons, structures en forme de tamis, pour retenir le plancton. La bouche s'étire alors comme un ballon géant.
Structure et mécanisme
Les fibres nerveuses sont regroupées au centre du nerf, enveloppées d'une couche robuste d'élastine, une protéine résiliente également présente chez l'humain dans les poumons et la vessie. Ce "déroulement" se produit en amont de l'extension maximale.
Cette découverte, publiée dans Current Biology en 2020 par des chercheurs canadiens, soulève des questions : d'autres espèces, comme les grenouilles ou caméléons, possèdent-elles des nerfs similaires ? (adw)