Les poissons qui se nourrissent en profondeur dans l'océan accumulent plus de mercure que ceux qui chassent en surface.

Les poissons des abysses contiennent plus de mercure que ceux des eaux de surface. Le mercure organique se décompose sous l'effet de la lumière dans les zones bien éclairées, tandis qu'il est produit par des organismes anaérobies dans les profondeurs obscures.
Le mercure provient principalement de la combustion de déchets et de combustibles fossiles, comme le charbon. Une fois rejeté dans l'atmosphère sous forme inorganique, il précipite dans les océans où des bactéries anaérobies le transforment en méthylmercure, sa forme organique toxique. Ce composé s'accumule ensuite dans la chaîne alimentaire : des bactéries au plancton, puis aux invertébrés, aux poissons et finalement à l'homme.
Des océanologues américains ont établi depuis plusieurs années que les poissons prédateurs des profondeurs, tels que le carangue ou l'espadon, présentent des teneurs en mercure supérieures à celles des espèces de surface comme l'albacore ou le mahi-mahi. Une étude récente éclaire ce phénomène : jusqu'à 80 % du méthylmercure des eaux de surface est dégradé par le rayonnement solaire, alors que les bactéries anaérobies des zones hypoxiques en produisent en grande quantité. Cette disparité explique les concentrations élevées chez les poissons profonds. Les résultats sont publiés cette semaine dans Nature Geoscience.
En Belgique et aux Pays-Bas, près d'un quart des enfants présentent des niveaux alarmants de mercure, principalement dus à la consommation de poisson contaminé. Le corps humain ne peut éliminer ce toxique, qui s'accumule et provoque maladies et lésions tissulaires. (ks)
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