Au cours des dernières décennies, l'Escaut et ses affluents n'ont jamais abrité autant d'espèces de poissons qu'aujourd'hui. Ce boom est principalement dû à l'amélioration remarquable de la qualité de l'eau.

41 espèces dans l'estuaire de l'Escaut, entre Gand et la frontière néerlandaise, et ses affluents comme le Rupel, la Nete, la Dyle et la Zenne. C'est le bilan du dernier recensement de l'Institut de recherche sur la nature et la forêt (INBO). Avec les comptages récents, on dénombre au moins 75 espèces, dont certaines considérées comme éteintes. L'éperlan, l'anchois ou le houting font leur grand retour après des décennies, voire plus d'un siècle d'absence. Le stock halieutique, jugé "mauvais" en 1995, est passé de "modéré" à "bon" selon l'INBO.
L'éperlan, l'anchois et le houting reviennent dans l'Escaut et ses affluents après plusieurs décennies d'absence.
Ce progrès s'explique en grande partie par la réduction des rejets d'eaux usées en Flandre et à Bruxelles, explique Jan Breine, chercheur à l'INBO. "En 2007, Aquafin a inauguré une station d'épuration sur la Senne à Bruxelles. L'effet a été immédiat : avant, aucun poisson ; aujourd'hui, la rivière revit grâce à l'oxygénation. Cela a boosté le Rupel (21 espèces maintenant) et l'Escaut.">
La création récente de zones inondables, immergées à marée haute, offre aussi plus d'espace aux poissons.
Cette amélioration touche toute la Flandre : plus d'espèces et d'individus dans les grands fleuves. Les petites rivières nécessitent encore des efforts contre les zones anoxiques, note Breine.
Pour l'avenir, moins de pollution, plus d'espace et une meilleure gestion des activités humaines comme le dragage – idéalement hors saison de frai – sont essentiels.