Selon une étude néerlandaise menée à l'Université d'Utrecht, les patients atteints d'asthme ou de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) présentent un risque plus élevé d'arythmies cardiaques, de tachycardie et d'arrêt cardiaque.

Les traitements inhalés impliqués dans ce risque accru.
Cette recherche met en lumière le rôle potentiel des médicaments inhalés dans l'augmentation des problèmes cardiaques chez les patients souffrant d'asthme ou de BPCO, incluant bronchite chronique et emphysème. Par exemple, les adultes asthmatiques sous inhalateurs affichent une fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute plus souvent que les personnes en bonne santé. Chez les patients BPCO, ces traitements élèvent également la fréquence cardiaque moyenne, un facteur de risque majeur de mortalité, surtout chez les seniors. De surcroît, leur usage accroît de 40 % le risque d'arrêt cardiaque, avec une survie réduite.
Les chercheurs préconisent d'encourager l'arrêt du tabac pour diminuer le risque d'arythmies. Ils soulignent aussi l'importance d'améliorer les informations dans les Résumés des Caractéristiques du Produit (RCP), notices destinées aux médecins et pharmaciens. Actuellement, les mises en garde sur les arythmies y sont parfois ambiguës, variables entre produits ou régions (États-Unis vs Europe).
Les généralistes ne respectent pas toujours les recommandations RCP préconisant un électrocardiogramme avant prescription de médicaments à risque.
Pas d'inquiétude excessive
Le Pr Guy Brusselle, pneumologue à l'UZ Gent, tempère ces résultats. « Distinguons asthmatiques – souvent jeunes sans comorbidités cardiovasculaires, donc faible risque – et patients BPCO, plus âgés, ex-fumeurs avec pathologies cardiaques fréquentes. »
Il différencie aussi traitements d'entretien (corticostéroïdes inhalés pour asthme : très sûrs) et de secours (bronchodilatateurs rapides : risquent tachycardie et arythmies si surutilisés, aggravés par hypoxie en crise). « Les patients doivent adhérer aux traitements de fond pour limiter le recours aux secours. »
Pour la BPCO, les bronchodilatateurs à longue action (entretien) sont généralement sans danger ; les secours, s'ils sont fréquents, peuvent causer tachycardie et arythmies.