Les reportages médiatiques se multiplient sur les troubles mentaux des jeunes mères, avec des campagnes plaidant pour une meilleure prise en charge. Mais qu'en est-il des jeunes pères ?

Actuellement, le diagnostic officiel de dépression post-partum est réservé aux femmes. Dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), il est qualifié de « dépression périnatale », survenant de la grossesse jusqu'à quatre semaines après l'accouchement, voire jusqu'à un an selon les experts.
La dépression post-partum ressemble à une dépression classique : au moins deux semaines de pensées négatives, manque de motivation, troubles du sommeil, agitation, variations de poids, sentiment de culpabilité, d'inutilité et idées suicidaires. La spécificité réside dans l'implication de l'enfant.
À long terme, elle impacte négativement le développement de l'enfant : retards, difficultés sociales, relationnelles et de santé.
Elle touche 7 à 20 % des nouvelles mères, liée en partie aux fluctuations hormonales post-accouchement, mais aussi à la pauvreté, au jeune âge, à l'absence de soutien social, au traumatisme obstétrical et au poids des responsabilités parentales.
Les mères dépressives culpabilisent souvent et craignent le jugement social ou l'intervention des services. Ainsi, plus de 50 % ne signalent pas leurs symptômes.
Les pères peuvent aussi en souffrir, sans diagnostic officiel toutefois. Des études au Brésil, aux États-Unis et au Royaume-Uni indiquent que 4 à 5 %, voire 10 %, des pères présentent des symptômes dépressifs post-naissance.
Les causes sont similaires : hormones, stress financier, changements relationnels. Mais les hommes consultent moins, freinés par les normes sociales imposant de masquer les émotions et de subvenir seul à la famille.
Il est crucial de soutenir pères et mères : la dépression paternelle nuit aussi à l'enfant. Les professionnels minimisent souvent ces cas, d'où le besoin de recherches supplémentaires.
Longtemps dépourvus d'outils, les soignants progressent grâce à des campagnes comme au Royaume-Uni. Pourtant, les directives du NICE ignorent les pères, faute de preuves officielles. Or, les facteurs de risque sont identiques hors hormones. Il est temps de reconnaître ce trouble.
Traduction : Silke Hendriks