Le risque de dépression ou de guérison peut être estimé de manière étonnamment précise.

La dépression est difficile à anticiper. Pourtant, des chercheurs de cinq universités néerlandaises et belges, en collaboration avec des experts américains, ont identifié un nouveau signal d'alerte.
Ils ont demandé à 535 volontaires émotionnellement sains et à 93 patients déprimés d'évaluer quotidiennement, via un outil électronique, quatre dimensions de leur humeur pendant une semaine : joie, satisfaction, tristesse et peur. Un an plus tard, les chercheurs ont vérifié quels participants sains avaient développé une dépression et quels patients s'étaient rétablis.
Les résultats révèlent que les fluctuations émotionnelles observées durant la semaine d'étude prédisent avec précision le risque de dépression future et les chances de guérison. Chez les personnes en bonne santé devenues dépressives, les variations d'humeur étaient plus lentes que la normale. Chez les patients déprimés, ce même ralentissement émotionnel annonçait un manque de rémission.
Les chercheurs avaient déjà démontré que ce "retard émotionnel" signale l'approche d'un point de bascule vers la dépression. Ce basculement peut survenir discrètement sous l'effet de stress professionnel ou personnel croissant, jusqu'à ce que la résilience s'effrite et qu'un événement déclencheur provoque la crise.
Ces découvertes ouvrent la voie à une surveillance de l'humeur via une application pour les personnes à risque, avec des alertes précoces en cas de diminution de résilience. (ev)
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