Au cours des deux prochaines semaines, l'actualité environnementale sera au cœur des débats alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à Glasgow, en Écosse, pour aborder les objectifs de zéro émission, les marchés carbone et les investissements verts.
Bienvenue à la COP26, l'une des conférences climatiques les plus cruciales de l'histoire, où se dessine la décennie décisive pour l'action climatique mondiale.
« La crise climatique cause déjà des pertes et dommages à tant de personnes ; et bien que nous soyons tous dans la même tempête, nous ne sommes pas dans le même bateau », a déclaré Elizabeth Wathuti, coprésidente du Sud mondial du Conseil consultatif de la société civile et de la jeunesse de la COP26, dans un communiqué de l'ONU. « La COP26 est une opportunité pour transformer les engagements en urgence réelle. »
Les sommets de la COP (Conférence des Parties) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont débuté en 1994, lors de l'entrée en vigueur de cette convention. Ce traité, signé par 197 pays, vise à « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère », selon l'ONU. Chaque année, un pays différent accueille la COP, sauf en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19.
Parmi les COP marquantes, citons le Protocole de Kyoto (1997), qui imposait des limites d'émissions aux pays développés d'ici 2012, et l'Accord de Paris (2015), fixant l'objectif ambitieux de limiter le réchauffement à 1,5 °C pour éviter les pires impacts du changement climatique.
La COP26 est un jalon majeur : près de 200 signataires doivent soumettre de nouvelles Contributions déterminées au niveau national (NDC) pour viser le seuil de 1,5 °C. Avec les engagements actuels, le réchauffement pourrait atteindre 2,7 °C d'ici fin de siècle, augmentant de 62 % les zones touchées par les incendies en hémisphère nord, entraînant pertes d'habitats et sécheresses plus fréquentes, d'après l'ONU. Le scénario à 1,5 °C reste challenging, mais viable comparé aux pires projections.
Quatre piliers centraux dominent les discussions, selon l'ONU et le gouvernement britannique hôte.
1. Atteindre la neutralité carbone d'ici le milieu du siècle et rendre 1,5 °C atteignable
Les grands émetteurs visent à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre (CO₂, méthane). La neutralité carbone ne signifie pas zéro émission absolu, mais un équilibre entre émissions et séquestration. Certains experts restent sceptiques, comme l'indique un rapport de Corporate Accountability : les entreprises pourraient utiliser ce concept pour verdir leur image sans changements radicaux.
Des secteurs comme l'aviation et le maritime posent des défis. Les États-Unis, engagés pour 2050, doivent halver leurs émissions d'ici 2030. Cela implique des transitions : sortie du charbon, économie verte, véhicules électriques et technologies propres.
2. Protéger la nature et les populations
La nature est clé : « Aucune voie vers le net zéro sans sa protection et restauration », soulignent le Royaume-Uni et l'ONU. Seulement 3 % des financements climatiques soutiennent les solutions basées sur la nature, 1 % l'adaptation.
« Le changement climatique accélère la perte de biodiversité, aggravant le climat », note Elizabeth Maruma Mrema (Convention sur la diversité biologique). La COP15 à Kunming a vu 100 pays, dont les États-Unis, adopter le « 30x30 » : protéger 30 % des terres et mers d'ici 2030.
« La crise nature est aussi grave que celle du climat, mais l'action tarde », alerte Lin Li (WWF). La perte de biodiversité menace la santé et augmente les risques pandémiques.
3. Accroître les financements climatiques
Les pays riches doivent honorer leur promesse de 2009 : 100 milliards de dollars annuels aux pays en développement dès 2020. Des reports à 2023 sont envisagés (proposition Canada-Allemagne). Les besoins africains dépassent 1 000 milliards, selon Reuters.
« Nous plaidons pour un financement ambitieux, scientifique et besoins-based », insiste Zaheer Fakir (Groupe africain des négociateurs).
4. Finaliser les règles de l'Accord de Paris
Objectif : opérationnaliser Paris via le livre de règles, focus sur l'article 6 (commerce international de carbone). Échec en COP25. Avec le retour des États-Unis, un consensus est espéré. Les marchés volontaires carbone approchent 1 milliard de dollars en 2021 (Ecosystems Marketplace).
« L'article 6 peut accélérer les réductions ou permettre l'inaction », prévient Yamide Dagnet (World Resources Institute).
Les débats ont débuté le 31 octobre et se prolongent jusqu'au 12 novembre. Plus de 120 dirigeants (Biden, Johnson), militants (Thunberg, Nakate), 30 000 représentants (gouvernements, entreprises, ONG). La COP27 est fixée aux 7-18 novembre 2022, lieu TBA.
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