La paralysie de l'analyse – être submergé par les choix au point de ne plus décider – prend un sens nouveau avec le changement climatique. Choisir le "bon" chemin n'a jamais été aussi complexe. Impact, notre nouvelle série sur la durabilité chez PopSci, est là pour vous guider.
De nombreux produits, comme les aliments ou les médicaments, arborent une date de péremption indiquant une durée de conservation limitée. Passée cette date, sont-ils vraiment impropres à l'usage ? Faut-il les jeter immédiatement ?
Selon l'EPA américaine, la production de déchets solides municipaux par personne est passée de 1,22 kg par jour dans les années 1960 à 2,22 kg dans les années 2000, et 2,68 kg en 2018 (incluant déchets alimentaires, plastiques et papiers). Jeter des produits périmés mais utilisables alimente ce gaspillage. Le réduire individuellement est possible.
Voici ce que signifient ces dates pour divers produits et quand les ignorer sans risque.
Pour la plupart des produits, la date indiquée n'est pas une date limite de sécurité, mais de qualité ou de vente, explique Londa Nwadike, professeure agrégée en sécurité alimentaire à l'Université du Kansas State et de l'Université du Missouri. "Hormis les préparations pour nourrissons, ces dates visent la qualité, non la sécurité", précise-t-elle.
Même périmés, les aliments sont généralement sans danger. Pas de règle absolue : évaluez le temps écoulé depuis l'achat et les conditions de stockage, conseille Nwadike. Jetez si décoloré, moisi, mou ou malodorant, peu importe le stockage.
Pour maximiser qualité et durée, stockez correctement : réfrigérateur ou congélateur pour les périssables. Les non-réfrigérés (pâtes sèches par exemple) durent plus longtemps ; ouvertes, elles restent bonnes un an au sec.
L'app FoodKeeper du FSIS (USDA) donne des durées précises par produit et mode de conservation.
La date de péremption garantit sécurité, efficacité et stabilité jusqu'au dernier jour indiqué.
"Évitez les médicaments périmés", avertit Anneliesa Henslee, directrice associée de la pharmacie de détail au centre médical Wexner de l'Ohio State University. "Ils perdent en efficacité, aggravant potentiellement les symptômes."
Certains se décomposent en composés nocifs : la tétracycline périmée cause le syndrome de Fanconi (nausées, vomissements). Des antibiotiques affaiblis favorisent les résistances ; les liquides risquent la prolifération bactérienne.
Certains restent stables un an après, mais variabilité oblige : jetez-les. Déposez-les en pharmacie, police ou lors des collectes DEA (prochaine le 30 avril ; localisez via code postal).
Aucune réglementation US n'impose de dates sur cosmétiques. Les indications sont conservatrices, tenant compte des usages variés, note Elisabeth Anderson, directrice de la communication scientifique au Center for Research on Ingredient Safety de la Michigan State University.
"Stoppez tout produit irritant", dit-elle. Utilisez votre jugement sur stockage et réaction cutanée. Qualité peut baisser (rougeurs), sans danger majeur.
Une étude de 2019 (Journal of Applied Microbiology) sur 450 produits usagés montre 70-90 % contaminés (S. aureus, E. coli), surtout crèmes. Préférez applicateurs neufs.
"Jetez mascara et eye-liners liquides à expiration : risque oculaire majeur", insiste Anderson. Mascara : 2-4 mois max.
Aucun recyclage sûr : achetez modérément.
Nettoyants classiques perdent en efficacité mais restent sans danger, dit Anderson. Utilisez jusqu'au bout.
Les désinfectants EPA (durée ~1 an) perdent puissance : ne risquez pas une désinfection défaillante, surtout en cas d'infection contagieuse.
Vérifiez les dates, mais sachez les interpréter pour minimiser les déchets inutiles.
[]