Le 30 juin 1995 sortait au cinéma Apollo 13, il y a donc pile 20 ans pour cet anniversaire. Mais à quel point ce film célèbre est-il fidèle aux événements réels de la mission spatiale de 1970 ?

Le 30 juin 1995, Apollo 13 conquiert les écrans. Ce blockbuster raconte l'histoire vraie de la mission Apollo 13 de 1970 : trois astronautes en route pour la Lune voient leur voyage tourner au cauchemar après l'explosion d'un réservoir d'oxygène. Une course contre la montre s'engage, et l'équipage regagne la Terre sain et sauf. Mais le film est-il vraiment fidèle aux faits ?
Selon le World Science Festival, organisation à but non lucratif promouvant la science et la culture, Apollo 13 obtient une excellente note de 4,5/5 en termes de précision scientifique. Les réalisateurs se sont efforcés de recréer fidèlement les événements décrits dans le livre Lost Moon : The Perilous Voyage of Apollo 13, écrit par l'astronaute Jim Lovell et le journaliste Jeffrey Kluger. Contrairement à Armageddon, le film respecte les lois de la physique. Cela dit, il n'est pas exempt de libertés dramatiques.
1. Apollo 13 (1995) = Marooned (1969) ?
Le film partage de nombreuses similitudes avec Marooned (1969), réalisé par John Sturges avec Gregory Peck. Dans les deux œuvres, les astronautes sont piégés dans leur vaisseau spatial, confrontés à une pénurie critique d'oxygène. Soupçons initiaux d'impact météoritique, tempête terrestre perturbant les opérations, utilisation d'un seul réservoir d'oxygène au lieu de trois, et même un commandant prénommé Jim. Ironie du sort : Marooned sort six mois avant la vraie mission Apollo 13.
2. Mauvais rêve
Dans le film, Marilyn Lovell, épouse de Jim, fait un cauchemar où son mari est aspiré dans l'espace. Jim Lovell confirme : ce rêve a été inspiré par le visionnage récent de Marooned.
3. Simulateurs
Ken Mattingly, remplacé pour maladie, est montré dans le film en train de tester frénétiquement des solutions. En réalité, comme il l'a expliqué à la NASA, toutes les simulations avaient été réalisées bien en amont. La survie dans la capsule lunaire n'était pas une improvisation totale, mais un scénario déjà testé au sol pour plus de suspense au cinéma.
4. Manoeuvre en 38 secondes
Tom Hanks effectue une rotation cruciale en 38 secondes. Jim Lovell, dans une interview au New York Times, a rectifié : "Nous n'avions que 14 secondes. Un échec nous aurait condamnés à l'espace infini."
5. L'alliance qui s'efface
Marilyn perd son alliance dans le siphon de la douche avant le lancement – un mauvais présage ? Lovell confirme : "C'est arrivé pour de vrai."
6. Comète vomi
Les scènes en apesanteur sont saisissantes de réalisme. Grâce à la "Vomit Comet", avion NASA simulant la microgravité via des vols paraboliques (voir Eos n°7/2015, p.40), Ron Howard a filmé sur place avec autorisation.
7. Nouveau venu dans la mission
Les doutes sur l'entraînement de Jack Swigert ? Lovell au New York Times : en réalité, lui et Haise étaient confiants en leur remplaçant.
8. Houston, nous avons un problème
La célèbre phrase est légèrement modifiée. Lovell a dit : "Houston, we've had a problem." (au passé).
9. Côté obscur de la Lune
Le vaisseau perd le contact en passant derrière la "face cachée de la Lune". Précision : elle reçoit autant de lumière solaire que l'autre face, mais n'est pas visible depuis la Terre. Lors d'Apollo 13, elle était déjà partiellement éclairée.
Ajout : la chronologie
Pour l'amour de la vérité, voici une chronologie précise des événements réels d'Apollo 13.