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Stade olympique de Londres 2012 : un modèle de durabilité ou un échec coûteux ?

Les organisateurs des JO de Londres 2012 ont cherché à allier l'éphémère ferveur sportive aux principes de la construction durable.

Stade olympique de Londres 2012 : un modèle de durabilité ou un échec coûteux ?

Les organisateurs des Jeux olympiques de Londres 2012 ont visé à réconcilier le caractère temporaire de l'événement sportif avec les exigences de la durabilité. Reste à savoir si le stade olympique incarne un projet pérenne ou un fardeau financier.

Comme pour Pékin et Vancouver, le terme « durable » est omniprésent à Londres. La ville a décroché l'organisation grâce à la promesse des « Jeux les plus durables de l'histoire ». L'objectif : minimiser les émissions de CO2, maximiser l'énergie renouvelable, réduire les déchets, stimuler la biodiversité locale et promouvoir un mode de vie sain. Le Parc olympique doit aussi booster l'économie de l'East End londonien.

Pour cela, une centrale électrique à biomasse couvre 75 % des besoins en électricité, chauffage et climatisation. La plupart des matériaux ont été acheminés par train, évitant les camions polluants. Post-Jeux, le Parc deviendra un quartier piétonnier avec toutes les commodités accessibles à pied.

Construction ultralégère
Le slogan « Jeux les plus durables » implique des méthodes et matériaux éco-responsables. L'East End n'ayant pas besoin d'un stade permanent de 80 000 places avec piste d'athlétisme, le stade sera partiellement démoli après les Jeux et Paralympiques. Sa structure légère et démontable permettra une reconversion en stade de 25 000 places d'ici 2013.

Coûtant 600 millions d'euros, le stade repose sur un ovale béton-acier pour 25 000 spectateurs, surmonté d'un anneau supérieur en acier léger pour 55 000 places. Les éléments sont vissés, non soudés. Seulement 10 000 tonnes d'acier contre 40 000 à Pékin – un gain majeur en CO2. Architecturalement plus discret que le « Nid d'oiseau ».

Le toit, ultraléger, couvre deux tiers des sièges supérieurs avec une toile polyester-PVC sur câbles en acier recyclé (ex-tuyaux de gaz). 42 % des matériaux sont recyclés. Un stade ouvert aurait été moins cher et plus durable, mais le vent compromettrait les performances sportives.

Recyclable et réutilisable
La durabilité repose sur une utilisation longue durée. Contre-exemple : Athènes 2004, parc olympique abandonné et vandalisé. Londres a créé l'Olympic Park Legacy Company pour assurer un legs communautaire à l'East End.

Aligner Jeux olympiques et durabilité est complexe. « Les exigences diffèrent entre événement éphémère et usage permanent », note Bill Grose d'Arup. D'où la structure démontable. L'objectif : stade de football post-Jeux, malgré la piste d'athlétisme incompatible avec la proximité terrain-spectateurs.

L'avenir suscite des débats : West Ham veut un stade de 60 000 places avec piste ; Tottenham, 80 000 sans ; Leyton Orient, 25 000. En 2011, West Ham semblait favori mais s'est retiré. Boris Johnson propose une propriété publique louée au mieux offrant. Sebastian Coe exige la préservation de la piste.

Sans usage clair, pas de certification BREEAM (évaluant la durabilité). Sans elle, Londres 2012 peine à prouver ses « Jeux les plus durables ».

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