Dans le monde entier, les protestations contre les mesures liées au Covid-19 se multiplient. Lors de la première vague, des initiatives solidaires ont émergé ; aujourd'hui, ce sont des fêtes et manifestations illégales qui dominent. Comment en est-on arrivé là ?
Photo ci-dessus : participants à la marche pour la liberté à Amsterdam, protestant contre les restrictions gouvernementales imposées en raison du virus corona.
Nous avons interrogé Maarten Vansteenkiste, psychologue de la motivation et du développement à l'UGent, membre du groupe d'experts "Psychologie & Corona" rattaché au GEES.
«La deuxième vague est effectivement plus difficile pour beaucoup de personnes. Quatre explications principales : premièrement, elle est survenue plus tôt que prévu, en juillet au lieu de septembre ou octobre, procurant un sentiment de perte de contrôle stressant. Deuxièmement, nous savons maintenant que les mesures peuvent durer longtemps – le premier confinement a duré environ trois mois. Cette anticipation engendre découragement et "impuissance apprise", un phénomène psychologique où l'on se sent incapable d'influencer les événements.»
'Nous devrions écouter ceux qui protestent ou ne respectent pas les règles.'Maarten Vansteenkiste
Troisièmement, les vacances d'été, moment clé pour la connectivité sociale et l'autonomie – besoins psychologiques fondamentaux – sont entravées par les restrictions. Enfin, certains remettent en question la stratégie anti-Covid : lorsque l'autonomie est limitée, une réactance psychologique surgit, poussant à la résistance pour la restaurer.»
«Derrière chaque résistance se cache un motif légitime. Il faut écouter les protestataires, qui critiquent souvent une mesure spécifique, comme le port du masque lors d'une promenade solitaire avec son chien dans le quartier, où il semble inutile. Le gouvernement devrait intégrer ces freins dans sa communication.»
Le groupe "Psychologie & Corona" propose un système de couleurs pour clarifier les mesures et leurs justifications. Montrer l'impact sur les réanimations (par exemple, via des graphiques comparant 5 vs 15 contacts) renforce la confiance. Des campagnes axées sur la solidarité collective motivent, en rappelant la présence persistante du virus et favorisant une adhésion spontanée.

«Le faible taux de mortalité chez les jeunes explique leur moindre adhésion. Réponses : communiquer mieux les effets secondaires (dommages cardiaques mêmes sans forme grave) et insister sur la protection des autres. Utiliser les influenceurs pour partager leurs difficultés et stratégies. Introduire des témoignages "ordinaires" aux infos ou encourager les dialogues intergénérationnels pour s'inspirer mutuellement.»
«Oui, la résistance croît, le soutien diminue. Mi-juillet, seuls 67 % des Belges soutenaient pleinement les mesures (contre plus de 80 % en première vague). Ce chiffre a probablement baissé depuis les resserrements.»
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