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La diversité : enrichissante ou source d'inquiétude ?

Il y a trente-cinq ans, avec mon identité à moitié belge, j'étais une exception à l'école primaire. Aujourd'hui, dans une ville comme Anvers, les trois quarts des enfants ont des racines étrangères.

L'éducation sexuelle que j'ai reçue à l'école se limitait à la grossesse par pénétration hétérosexuelle (et comment l'éviter). Aucune mention de l'homosexualité, et être non binaire était totalement impensable. Aujourd'hui, mon fils rentre à la maison en racontant qu'un camarade de classe a fait son coming out en tant que garçon trans devant toute la classe. Il s'en moque éperdument.

La diversité apporte de la richesse et rend beaucoup de gens plus heureux : nous pouvons être nous-mêmes ouvertement.

Le monde est varié et chacun est unique. Au XXIe siècle, cette diversité ne se limite plus à l'intérieur de chacun : elle se reflète de plus en plus dans la société. Elle crée de la richesse et rend de nombreuses personnes plus heureuses, car elles peuvent s'exprimer librement. Le gouvernement belge incarne cette évolution, avec trois ministres issus de l'immigration et une ministre transgenre. Certes, certains "hommes de pouvoir" chuchotent encore à un collègue "il est gay" quand le journaliste de la VRT Riadh Bahri pose une question. Mais ils semblent appartenir à une espèce en voie de disparition.

Cette diversité déroute cependant et effraie certains. Autrefois, les rôles étaient clairement définis : identité, travail, loisirs. Tout était prévisible et familier. Douter de soi n'était pas nécessaire. Si la vie décevait, on pouvait se rassurer en ayant suivi les chemins tracés.

Comment prendre au sérieux la peur et l'incertitude sans déchirer la société ?

Ces personnes en quête de certitudes deviennent nostalgiques d'un temps "où tout était simple". Des slogans comme "Rendre l'Amérique grande à nouveau" (Donald Trump), "Nos gens d'abord" (Tom Van Grieken) ou "Les Pays-Bas aux Néerlandais" (Geert Wilders) répondent à ce besoin. Ils excluent ceux qui "n'appartiennent pas au club" et favorisent la radicalisation des deux côtés. Comment intégrer sérieusement ces peurs sans fracturer la société ? Telle est la question clé.

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