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Fouilles archéologiques au camp d'internement de Kooskia : un chapitre méconnu de l'histoire américaine

Après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, plus de 120 000 Japonais-Américains, dont de nombreux citoyens américains, ont été internés dans des camps à travers les États-Unis. Le camp de Kooskia, récemment redécouvert dans les Rocheuses, fait l'objet de fouilles minutieuses.

Fouilles archéologiques au camp d internement de Kooskia : un chapitre méconnu de l histoire américaine

Suite à l'attaque de Pearl Harbor en 1941, le gouvernement américain a perçu la communauté japonaise comme une menace sécuritaire. Ainsi, environ 120 000 personnes d'origine japonaise résidant aux États-Unis ont été déportées vers des camps d'internement disséminés dans le pays. La vie y était rude, bien que moins extrême que dans les camps nazis.

Si les grands camps comme Minidoka en Idaho, qui a abrité près de 7 000 internés, sont bien documentés, les sites plus modestes restent méconnus. Tel est le cas de Kooskia (prononcé « koeskie »), qui n'a accueilli que 260 prisonniers. Situé dans les montagnes Rocheuses, à environ 1 000 km au nord de Salt Lake City, ce site bénéficie depuis 2010 des fouilles dirigées par la professeure Stacey Camp, anthropologue à l'Université de l'Idaho.

Travailleurs forcés

Ce camp est unique en son genre : premier site où le gouvernement américain a employé des internés comme main-d'œuvre forcée pour la construction de l'US Route 12. Les conditions étaient toutefois relativement clémentes ; de nombreux Japonais d'autres camps s'y sont portés volontaires pour y gagner un salaire et disposer d'un travail structuré, privilèges rares ailleurs.

Après la Seconde Guerre mondiale, le camp a été démantelé et tombé dans l'oubli jusqu'en 2010. Les fouilles ont exhumé de nombreux artefacts, permettant de reconstituer fidèlement la vie quotidienne des internés. Ainsi, cette page sombre de l'histoire américaine est préservée pour les générations futures. (eb)


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